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Pénurie de main-d’œuvre : huit travailleurs guatémaltèques à la Fromagerie Bergeron

Roger Bergeron, président de Fromagerie Bergeron.
Photo Taïeb Moalla Roger Bergeron, président de Fromagerie Bergeron.

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 Confrontée au problème criant de pénurie de main-d’œuvre, la Fromagerie Bergeron, de Saint-Antoine-de-Tilly, a embauché huit travailleurs guatémaltèques qui viendront bientôt épauler ses 250 employés. 

 «Je vais chercher huit gars d’assez loin pour faire du fromage à Québec. Quand tu y penses, tu te demandes si ça a du sens. Disons que ce n’est pas logique. C’est une solution de dernier recours», a convenu Roger Bergeron, président de Fromagerie Bergeron, mardi matin, en marge d’un point de presse. Ce dernier a ajouté «qu’en ce moment, ça me coûte cher de faire venir cette main-d’œuvre. Je n’ai pas de gain économique. Le gain, je vais le chercher sur une stabilité de mes équipes et sur le long terme». 

 Concrètement, l’arrivée des nouveaux employés, prévue en juin, permettra de faire souffler les équipes actuelles et de combler certains postes dans un contexte économique où le roulement de personnel est relativement important et où la production à la Fromagerie se déroule 24h/24, sept jours sur sept. 

 «Ces gens (les huit travailleurs) ne volent pas des jobs. Ils prennent des jobs, car on n’a trouvé personne (pour les pourvoir). Quand les équipes ne sont pas complètes, la charge de travail devient trop importante et on perd des gens dans nos équipes régulières», a ajouté Roger Bergeron, dont l’entreprise fête cette année son 30e anniversaire. 

 Intégration 

 Chose certaine, Fromagerie Bergeron dit tout faire pour réussir l’arrivée des nouveaux travailleurs qui ne parlent pratiquement pas français. Deux grands appartements ont déjà été loués à proximité de Saint-Antoine-de-Tilly pour les héberger. Aussi, une grande voiture leur permettra de se déplacer. Les travailleurs guatémaltèques seront jumelés avec des employés qui parlent l’espagnol. Une traductrice sera également présente dans la fromagerie pour aider à l’intégration. Tout comme les employés syndiqués assignés aux mêmes tâches d’emballage ou de production, ils seront payés entre 17 et 18$ de l’heure, soit près d’une fois et demie le salaire minimum. 

 «C’est un contrat d’un an au cours duquel ils ne peuvent travailler que chez nous. Ensuite, si tout se passe bien, c’est sûr que je serais intéressé à les garder», a indiqué M. Bergeron.   

 Mardi matin, ce dernier participait à un point de presse au cours duquel le gouvernement fédéral a annoncé des prêts d’environ 2 millions$, à un taux de 0%, à quatre entreprises de la Chaudière-Appalaches. La Fromagerie Bergeron recevra une «contribution remboursable» de 700 000 $, sur un projet total de 4,5 millions$, pour «intégrer au processus de production des technologies propres qui permettront de récupérer du lait et d’éviter le rejet de résidus laitiers».