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Un message pour Bergevin

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Carey Price a habilement passé un message au directeur général du Canadien, Marc Bergevin, la semaine dernière, lorsqu’il a dit que la fenêtre d’opportunité se refermait pour le Canadien. Depuis, les Blue Jackets de Columbus ont ajouté du poids à ses propos. 

Bien des gens ont été surpris par le directeur général des Blue Jackets, Jarmo Kekalainen, lorsqu’il a acquis les Matt Duchene, Ryan Dzingel, Adam McQuaid et Keith Kinkaid à la fin de la période des transactions. Les Jackets n’étaient même pas certains de faire les séries et Kekalainen a misé gros. 

Son job était en jeu et même si Duchene a mis du temps à décoller, Kekalainen a atteint son premier objectif de qualifier son équipe dans les séries. On s’entend que les Blue Jackets formaient une équipe supérieure à leur classement, mais qu’ils se donnent une avance de 3-0 sur le Lightning de Tampa Bay a pris tout le monde par surprise. 

L’effet Kekalainen en 2020 

J’espère que Bergevin en a pris note, car je suis convaincu que d’autres directeurs généraux l’ont fait et on en verra les effets le 1er mars 2020. 

Je ne dis pas que Bergevin aurait dû miser tous ses jetons comme Kekalainen, mais c’est tellement difficile de se qualifier dans les séries éliminatoires aujourd’hui que si tu en es proche, tu dois faire un effort pour améliorer ton équipe. 

Bergevin a fait un excellent travail cette année et je lui donne une note de 90 %, mais j’aurais aimé qu’il aide son équipe davantage dans la dernière étape de la saison. 

Est-ce que ce sera quatre en cinq ? 

Le Canadien a progressé, mais la réalité est que l’équipe a manqué les séries pour une troisième fois en quatre ans et rien ne garantit que le Tricolore participera aux séries en 2020. Dans une telle éventualité, ça pourrait être la fin de l’ère Bergevin. 

J’ai aimé le commentaire de Price. En clair, il a demandé à Bergevin de l’aider et d’emmener un ou deux joueurs de premier plan à Montréal. Au mois d’août, il fêtera ses 32 ans et Shea Weber, ses 34 ans. Le temps presse et il est urgent de passer à un autre niveau. 

Est-ce que le Canadien peut se permettre de rater les séries éliminatoires une quatrième fois en cinq ans ? On ne peut plus se contenter de passer proche de faire les séries et à un certain moment, Bergevin devra prendre un risque! 

Et qui sait où s’arrêteront les Blue Jackets? Leur structure salariale restera un problème, cet été, pour les joueurs autonomes comme Duchene, Artemi Panarin et Sergei Bobrovsky, mais peut-être que l’un deux voudra rester à Columbus. 

Je doutais de la chimie de l’équipe, mais elle s’est installée et il faut donner crédit à l’entraîneur, John Tortorella. On a entendu son message aux joueurs après la première période du premier match et j’ai adoré. 

L’incroyable Barry Trotz 

Je suis épaté par le travail de l’entraîneur des Islanders de New York, Barry Trotz. Il a transformé les Capitals de Washington en équipe championne et on se demandait pourquoi il était allé chez les Islanders de New York. Personne ne les imaginait en séries et voilà qu’ils mènent 3-0 sur Sidney Crosby et les Penguins de Pittsburgh. 

Même avant le début des séries, je pensais que Trotz méritait le trophée Jack Adams remis à l’entraîneur de l’année, mais je l’admire encore davantage aujourd’hui. 

Son système fonctionne et qui aurait prédit que d’obscurs gardiens comme Robin Lehner et Thomas Greiss gagneraient le trophée Jennings ? 

Trotz réussit ce que Marc Bergevin croyait que Claude Julien allait accomplir avec le Canadien. 

 — Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets 

À ce jour, le spectacle appartient à... 

En séries, il y a toujours quelqu’un qui vole le spectacle et, à ce jour, trois noms me viennent en tête : l’entraîneur des Blue Jackets, John Tortorella, son gardien, Sergei Bobrovsky, et l’entraîneur des Islanders, Barry Trotz. Tortorella a su regrouper ses joueurs à Tampa alors qu’ils perdaient 3-0 après la première période. On sait qu’il est capable de changer ses gardiens, mais il est resté avec Bobrovsky et ce dernier le lui a bien rendu. Bobrovsky a la confiance variable et, souvent, il lui suffit d’un gros arrêt pour qu’il se transforme en véritable mur. C’est ce qu’il a fait en début de deuxième période et il n’a pas cessé de voler les marqueurs du Lightning depuis. 

Comme les anciens Capitals 

Le Lightning me fait tellement penser aux Capitals de Washington. C’est difficile d’entamer les séries éliminatoires lorsque tu n’as plus d’enjeu à la fin de la saison. Tu fais ta petite affaire, tu gagnes tes matchs de fin de saison et, tout à coup, tu te retrouves contre une équipe aguerrie qui lutte depuis des semaines comme les Blue Jackets. Tu te retrouves en arrière, 1-0, 2-0, puis subitement tu te butes à un gardien au sommet de sa forme comme Bobrovsky ou, encore, Jaroslav Halak en 2010. Tu te cherches, la pression monte et en moins de deux, tu es éliminé. 

Quenneville avec les Panthers 

Est-ce que le prochain Barry Trotz sera mon ancien entraîneur au Colorado, Joel Quenneville ? C’est toute une acquisition par le directeur général des Panthers de la Floride, Dale Tallon. Les Panthers ont une meilleure équipe que ce qu’ils ont démontré et je suis convaincu que Quenneville va les amener à leur plein potentiel. Tallon va se magasiner les services d’un gardien numéro un. Roberto Luongo vient de fêter ses 40 ans. L’arrivée de Quenneville en Floride n’augmente pas les chances du Canadien à participer aux séries l’an prochain ? 

Des gardiens incertains 

J’ai eu de la difficulté à faire mes prédictions, cette année, car il y a beaucoup d’incertitude devant le filet et on le voit dans les séries. J’avais des doutes sur Andrei Vasilevskiy, Sergei Bobrovsky, Martin Jones, Connor Hellebuyck, Mike Smith, Tuuka Rask, Frederik Andersen, Matt Murray, Petr Mrazek, Philipp Grubauer et même Jordan Binnington. Attention à Bobrovsky !