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La page blanche du PLQ

Est-il possible que la décision d’André Fortin soit, en fin de compte, un cadeau pour PLQ ?

André Fortin, député de Pontiac
Photo Simon Clark André Fortin, député de Pontiac

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Coup de tonnerre au Parti libéral la semaine dernière : le candidat déjà favori de la course à la chefferie pas encore commencée s’est désisté. André Fortin, député de Pontiac et ancien ministre des Transports, se retire de la liste de plus en plus courte pour trouver un successeur à Philippe Couillard.  

La nouvelle a causé la surprise dans les rangs libéraux et plusieurs militants ont, de facto, perdu leur cheval de course.  

Tabula rasa  

Il y a presque exactement 15 ans, le Parti libéral du Québec remportait les élections générales avec 46% des suffrages et 76 députés. Aujourd’hui, le parti traverse certains des plus difficiles moments de son histoire avec seulement 29 députés au parlement. Pas surprenant que les candidats ne se bousculent pas au portillon !  

Pourtant, quelle belle occasion pour celui ou celle qui aura le courage de reconstruire les liens du parti avec l’électorat francophone !  

Les favoris potentiels se sont tous retirés. Sébastien Proulx a annoncé qu’il ne serait pas de la course, Alexandre Taillefer n’est plus intéressé, Denis Coderre a affirmé ne pas prévoir de retour en politique et Pierre Moreau ne semble pas avoir envie de changer d’idée. Avec le retrait d’André Fortin, l’ardoise est maintenant presque vide.  

Il reste deux candidates potentielles non négligeables : Dominique Anglade et Marwah Rizqy. Toutes deux poursuivent leur réflexion, mais il fait peu de doutes qu’elles finiront par entrer dans la course. Est-ce que d'autres candidats potentiels sont déjà assis parmi les libéraux au Salon bleu? Fort probablement, mais cet angle devra attendre une autre chronique...  

La porte est grande ouverte  

Si on regarde la situation sous un autre angle, est-il possible que la décision d’André Fortin soit, en fin de compte, un cadeau pour PLQ ?  

Les militants du parti commencent à s’impatienter et plusieurs ont déjà quitté le bateau. On peut se demander si leurs convictions ont changé ou si c’est plutôt le parti lui-même qui n’est plus ce qu’il était.  

Notre époque est marquée par un changement des comportements dans plusieurs domaines. Les employeurs n’arrivent pas à garder leur main-d’œuvre longtemps, les consommateurs n’ont plus de fidélité envers les marques et les enseignes et les électeurs sont de moins en moins fidèles aux partis politiques.  

Peu importe celui ou celle qui prendra la tête du PLQ, il ou elle devra s’interroger sur les réelles valeurs et les réels enjeux qui savent encore émouvoir les électeurs. C’est maintenant en défendant une cause commune ou un projet de société clair que les partis politiques arriveront à reprendre les électeurs qui ont quitté le navire. D’ailleurs, le Parti québécois sera confronté aux mêmes questionnements dans sa reconstruction, à moins qu’il ne décide, ultimement de se saborder comme certains l’ont suggéré.  

À qui la chance ?  

Le moment est désormais idéal pour que des candidats sortis du «champ gauche» annoncent leur intérêt à briguer la chefferie du PLQ. Les troupes se cherchent désespérément un capitaine pour naviguer dans la tempête et leur favori a tiré le tapis sous les pieds de ceux qui espéraient un couronnement.  

Non, une course à la chefferie, ce n’est jamais bien beau à voir. Le parti se scinde en clans, les militants se positionnent dans un camp ou dans l’autre, les amis d’hier deviennent des adversaires, mais des débats et des affrontements naissent des solutions novatrices et des façons de faire les choses différemment qui ne peuvent qu’être salutaires à long terme.  

À moins de se résoudre à devenir le parti des immigrants et des anglophones, le PLQ n’a d’autre choix que d’entrer résolument dans une erre de reconstruction qui mettra de côté tous les a priori et tous les dogmes pour reconnecter avec l’électorat francophone partout sur le territoire.