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Le match revanche de Stephen Harper

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Un vent de droite souffle fort sur le Canada. Plusieurs provinces sont gouvernées par des conservateurs, dont l’Ontario. Plombé par l’affaire SNC-Lavalin, même le gouvernement libéral de Justin Trudeau se fait doubler par le Parti conservateur du Canada d’Andrew Scheer. Sous Jason Kenney, le retour triomphal au pouvoir des conservateurs en Alberta s’inscrit dans cette même tendance lourde.

Sans hasard, l’ex-premier ministre conservateur canadien Stephen Harper était présent pour célébrer la victoire massive de son poulain albertain. En pleine montée de la droite, avec Andrew Scheer à Ottawa, Stephen Harper prend sûrement plaisir à l’idée d’un match revanche contre Justin Trudeau, celui-là même qui, en 2015, lui ravissait le pouvoir.

Inquiétant

Pour le Québec, tout cela est inquiétant. Premier danger : on assiste à la consolidation d’un mouvement conservateur farouchement propétrole. M. Kenney veut ses pipelines pour transporter l’or noir très polluant des sables bitumineux. La lutte aux changements climatiques prend des airs de mission impossible.

Deuxième danger : la façade « provincialiste » des conservateurs n’est qu’un leurre. Derrière cette façade se cache un vieux sentiment anti-francophone et anti-Québec. Depuis l’élection de Doug Ford en Ontario, les Franco-Ontariens sont traités comme des citoyens de seconde zone.

Jason Kenney parle certes français, mais c’est pour mieux nous dire dans notre langue à quel point il pense que nous vivons aux crochets d’une péréquation gavée à même le pétrole albertain. Mépris et paternalisme. Cela n’annonce rien de bon.

Néoconservatisme

Ce qu’il faut savoir est ceci. Depuis la fusion en 2003 des restants du Parti progressiste-conservateur de l’école Mulroney à l’Alliance canadienne de Harper, elle-même la descendante du Reform Party né dans l’Ouest, il n’y a plus rien de « progressiste » ni de profrancophone dans ce néoconservatisme canadian.

D’où l’importance cruciale de l’élection fédérale du 21 octobre. S’il fallait en plus qu’Andrew Scheer en sorte vainqueur, ce vent de la droite pourrait fort bien virer en tsunami.