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Aéroport de Québec: hausse de 30 % du salaire de la direction

La rémunération des dirigeants a atteint 2,25 M$ en 2018

Aéroport de Québec: hausse de 30 % du salaire de la direction
Photo Stevens Leblanc

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La rémunération globale de la haute direction de l’aéroport de Québec a bondi de 30 % en 2018, dépassant pour la première fois le cap des deux millions de dollars. Par ailleurs, l’établissement a déniché son nouveau PDG du côté de Calgary, soit Stéphane Poirier.  

Jeudi, dans le cadre de l’assemblée publique annuelle d’Aéroport de Québec inc., la société privée qui gère l’établissement, la direction a dressé son bilan financier de la dernière année.    

Ses profits ont été de 11,1 millions de dollars et son chiffre d’affaires a atteint 68,2 M$. En tout, ce sont 1 774 871 passagers, soit 104 000 de plus qu’en 2017, qui ont transité par l’aéroport de Québec.    

On peut également lire dans le rapport annuel que les sept membres de l’équipe de direction de l’aéroport ont touché en rémunérations une somme de 2 257 202 $ en 2018, comparativement à 1 740 809 $ en 2017. Pour les amateurs de chiffres, la cagnotte avait été de 1 693 044 $ en 2016. Cette somme inclut les primes basées sur l’atteinte ou le dépassement des objectifs. Le montant par employé n’est toutefois pas révélé.    

La direction de L’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB) a également profité de l’occasion pour nommer le successeur de Gaëtan Gagné au poste de président et chef de la direction.    

L’ex-dirigeant de l’aéroport de Calgary, Stéphane Poirier, entrera en fonctions le 23 avril prochain.    

«Mon mandat sera axé sur le développement de nouvelles liaisons aériennes et sur l’importance de placer le passager au cœur de nos actions et de nos décisions», a-t-il souligné par voie de communiqué. Il n’était pas présent pour l’annonce.    

Connu dans le milieu  

Le nouveau PDG travaillait récemment dans le secteur de l’aérospatiale pour le géant mondial Honeywell, à Calgary.    

Il a occupé un poste de direction à l’aéroport de Calgary pendant 16 ans, de 2000 à 2016.    

Parfaitement bilingue, M. Poirier a également travaillé au Québec dans les années 90 au sein de la direction d’Aéroports de Montréal, mais aussi à la Société générale de financement et chez Bax Global, peut-on apprendre en consultant son profil LinkedIn.    

Pour sa part, l’actuel président et chef de la direction, Gaëtan Gagné, dit partir «serein» et «avec la satisfaction du devoir accompli».    

M. Gagné, qui occupait ce poste depuis 2010, n’a toutefois pas voulu dire s’il recevrait une indemnité de départ au cours des prochains mois. La direction de l’aéroport n’a également pas voulu révéler la rémunération du nouveau patron, rappelant qu’elle est une organisation privée.    

– Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée  

Avec ou sans la collaboration de l'aéroport, le Comité poursuivra son boulot  

Avec ou sans la collaboration de l’aéroport de Québec, le Comité de travail sur l’accessibilité aérienne – créé par la Ville – a l’intention de poursuivre son mandat.   

Dans une lettre publiée jeudi, l’organisation mentionne qu’elle mènera à terme le plan d’action amorcé en 2018, en y ajoutant «une section importante de démarches à réaliser auprès d’aéroports et de lignes aériennes».   

Le comité aimerait toutefois que le nouveau PDG de l’aéroport, Stéphane Poirier, participe à l’aventure.   

Du côté de l’aéroport, la direction a invité la communauté des affaires à se joindre au Comité régional de développement aérien récemment créé par l’organisation.   

Rappelons que les derniers mois ont été marqués par la controverse et un bras de fer médiatisé entre la haute direction de l’aéroport et la Ville de Québec, à la suite, notamment, de virulentes critiques du maire Régis Labeaume sur la gouvernance d'YQB.  

La direction de l’aéroport a contesté les conclusions du rapport du Comité de travail sur l’accessibilité aérienne et a même tenté d’empêcher sa diffusion avec l’envoi de 26 mises en demeure aux gens qui ont participé de près ou de loin à sa rédaction.  

Les défis  

Frais d’atterrissage, liaisons directes et communication avec les transporteurs. Ce sont quelques-uns des défis qu’aura à relever le nouveau PDG, Stéphane Poirier.   

Il y a aussi la question de la facture du mégachantier de 277 millions de dollars qui a, entre autres, permis l’agrandissement de l’aérogare et l’acquisition de nouvelles technologies. L’amortissement des coûts touchera plusieurs bilans financiers à venir. L’ensemble des travaux devrait être terminé en 2019.   

Dans les cartons de l’organisation, on retrouve aussi la construction du centre de prédédouanement américain. Pour information, l’an dernier, l’amortissement en immobilisations à l’aéroport s’est élevé à 14,34 millions de dollars. Cette charge est en croissance depuis au moins 10 ans.   

Une situation qui n’inquiète toutefois pas la direction. «Nous avons des surplus accumulés de 136,5 millions de dollars. Nous sommes dans une situation financière enviable, puisque 67 % des aéroports de notre catégorie dans le monde ont des déficits», répond le PDG, Gaëtan Gagné.  

Rémy Normand espère «le début d’une nouvelle ère» avec l’aéroport  

Rémy Normand, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, souhaite que la nomination d’un nouveau chef de la direction à l’aéroport de Québec corresponde au «début d’une nouvelle ère».   

«On espère que cette personne-là [Stéphane Poirier], qui, semble-t-il, a beaucoup d’expérience dans le domaine aérien, aura au moins une des compétences fondamentales pour ce poste: celle de se mettre en lien avec l’ensemble des parties prenantes de la communauté», a signalé M. Normand, jeudi, en marge d’une rencontre de la Communauté métropolitaine de Québec.   

Ce dernier a par ailleurs ajouté que la Ville de Québec tient à ce que le Comité de travail sur l’accessibilité aérienne (CTAA), présidé par André Roy, devienne permanent. L’aéroport possède pourtant désormais son propre comité, qui se penche sensiblement sur les mêmes enjeux.   

«On tient à ce qu’il y ait un comité aérien. Est-ce qu’il sera avec [ou] contre l’autre? On souhaite très fortement qu’ils travaillent ensemble en harmonie», a fait savoir M. Normand.