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Les fans regardent danser les autres

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Photo AFP À seulement leur deuxième saison dans la LNH, les Golden Knights de Vega comblent leurs fans. Pendant ce temps, les partisans du Canadien doivent suivre les séries assis devant leur télé.

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L’homme d’affaires qui mange son dessert devant moi est aussi un fan du Canadien. Mais il n’a pas le goût de plaisanter : « J’ai fondé mon entreprise il y a 24 ans. À force de travail et de risques, j’ai réussi à développer une compagnie avec un chiffre d’affaires de plus de 100 millions. Es-tu capable de m’expliquer comment j’ai eu le temps de bâtir cette entreprise sans jamais avoir pu inviter un client à un match de la finale de la Coupe Stanley ? »

J’ai pensé faire mon drôle en lui offrant de lui dénicher des tickets ailleurs qu’au Centre Bell, mais il ne l’a pas trouvée comique.

« J’ai adoré voir jouer les Blue Jackets de Columbus. Ils ont pris des risques, ils sont allés chercher Matt Duchene, ils ont gardé Artemi Panarin et nous autres, tout ce qu’on a fait, c’est de sortir des gars de quatrième trio de leur équipe pour envoyer Nicolas Deslauriers dans les estrades. Pis je te parle pas de Jonathan Drouin. Penses-tu que je laisserais mon meilleur vendeur s’endormir pendant trois mois sans rien faire ? C’est frustrant comme fan et comme client ».

Une visite au Dollarama

Lui, c’était un président de compagnie. Mais j’ai entendu les mêmes lamentations au Dollarama et au IGA. Dans la section des os pour chiens, des fans trouvaient ça plate au max de regarder les autres danser avec les belles filles du printemps sans même avoir reçu une invitation pour aller au bal.

On peut remplir son panier au Dollarama et rêver à une grande valse pour finir la soirée. La danse, c’est pour le monde...

C’était l’évidence même si les fefans ne voulaient pas voir la réalité en face.

Le Canadien est exclu des séries. Point final. Ce sont les autres qui ont du fun ce printemps, ce sont les autres qui vivent des sensations fortes.

Même à Pittsburgh et à Tampa, ils ont au moins eu le thrill de s’inquiéter, de se poser des questions et de se plaindre ou de se mettre en colère.

Le peuple est content

À Montréal, les ti-gars ont donné un bon spectacle. Tout va bien. Tout le monde des médias, il est content. Donc, le peuple est content.

C’est pas vrai. Le monde s’est fait endormir un bout. Et là, il se réveille en regardant jouer les autres équipes. Les 16 qui avaient le droit d’aller danser.

Pourquoi que le Canadien est jamais invité ? Pourquoi que c’est plate au printemps ?

Pendant que d’autres directeurs généraux prenaient des chances et offraient à leurs entraîneurs et à leurs joueurs des renforts de grande qualité, à Montréal, on jouait à qui perd gagne dans le quatrième trio.

En plus, on jouait pour ne pas perdre, c’est très différent de jouer pour gagner.

C’est arrivé une fois que Marc Bergevin frappe un vrai coup. Quand il est allé chercher Thomas Vanek. Il a permis au CH de participer aux séries et de se rendre jusqu’en finale d’association. Ça fait déjà une demi-éternité.

Les fameux choix

Par ailleurs, on est en train de déifier les choix au repêchage. Si par miracle l’ineffable Trevor Timmins déniche un vrai bon 18 ans, le gars va jouer sept ans à Montréal et va devenir joueur autonome à 25 ans. On risque alors de le perdre. Il aura connu trois ou quatre bonnes saisons.

Aussi bien aller chercher un joueur établi de 25-26 ans et le garder six ou sept ans avec l’équipe. On va avoir le même rendement sans récolter tous les valeureux chaudrons repêchés par Timmins depuis 10 ans. Échanger un choix de repêchage, ce n’est pas la fin du monde en 2019.

À moins qu’on veuille absolument sauver 8 millions sous le plafond salarial...

Avec Alain Vigneault à Philadelphie, avec Joel Quenneville à Sunrise, êtes-vous prêts à parier gros que le Canadien va participer aux séries l’an prochain ?