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Legault d’accord avec le salaire bonifié du nouveau président

Le PM ne voit pas de problème à l’amitié entre le ministre Fitzgibbon et Guy LeBlanc

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Simon Clark Le premier ministre du Québec, François Legault

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QUÉBEC – Le premier ministre François Legault ne voit pas de problème à ce que le nouveau PDG d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, un ami du ministre Pierre Fitzgibbon, puisse toucher une rémunération de presque deux fois celle de son prédécesseur, malgré les critiques de l’opposition qui conteste la conformité du processus d’embauche.

Le Journal de Québec révélait jeudi que MM. Leblanc et Fitzgibbon étaient, jusqu’au 10 avril dernier, actionnaires de la même entreprise, Move Protéines, en plus d’être des amis de longue date. Le ministre de l’Économie soutient cependant qu’il a démissionné de tous les conseils d’administration où il siégeait dès son élection, le 1er octobre dernier. Le quotidien révélait également que le salaire du PDG pourrait atteindre 800 000 $ annuellement avec les bonis, une hausse de 50 % par rapport au salaire actuel.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a dû expliquer hier, en conférence de presse à Montréal, pourquoi c’est son ami et ancien collègue Guy LeBlanc qui a été nommé à la tête d’Investissement Québec.
Photo capture d'écran, TVA Nouvelles
Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a dû expliquer hier, en conférence de presse à Montréal, pourquoi c’est son ami et ancien collègue Guy LeBlanc qui a été nommé à la tête d’Investissement Québec.

«Ce qu’il faut, c’est d’être compétitif avec les grandes organisations, comme la Caisse de dépôt, comme la Banque Nationale, comme Desjardins», a indiqué M. Legault pour défendre cette hausse éventuelle de la rémunération du PDG d’Investissement Québec.

Quant au fait que M. LeBlanc soit un ami et ancien partenaire d’affaires de M. Fitzgibbon, M. Legault insiste pour dire que «ce qui compte, c’est la compétence».

«On a eu une firme de chasseurs de têtes, un comité de sélection», a dit M. Legault.

Ce dernier a également précisé que le Commissaire à l'éthique avait accompagné le ministre de l'Économie dans «tous les placements [qui] ont été vendus».

Pour sa part, M. Fitzgibbon a reconnu avoir proposé le nom de M. LeBlanc au comité de sélection et avoir influencé la grille ayant servi à évaluer les candidats, mais assure qu’un «processus très rigoureux» a mené à la sélection du nouveau PDG.

Enquête du Commissaire à l’éthique

Malgré les précautions qu’aurait prises le ministre, le Parti québécois et Québec solidaire ont chacun fait parvenir cet après-midi une demande d’enquête à la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet.

Les deux partis ont souligné que le fait que M. Fitzgibbon ait demandé à sa fiducie sans droit de regard de se départir de ses actions dans Move Protéines créait chez eux un malaise.

Pour avancer cette hypothèse, les deux formations politiques se basent sur le témoignage de l’attaché de presse de M. Fitzgibbon, Mathieu St-Amand, qui a indiqué au Journal de Québec que la fiducie sans droit de regard avait effectué des transactions «à la demande» du ministre.

«Écran de fumée»

Par ailleurs, M. Marissal a également évoqué la possibilité que l’embauche d’un chasseur de têtes pour trouver le nouveau PDG d’IQ n’ait été qu’un «écran de fumée» visant à donner l’impression qu’un processus rigoureux avait mené à sa nomination.

  • Vincent Marissal était l’invité d’Antoine Robitaille sur QUB radio:

 

De son côté, la libérale Dominique Anglade a indiqué que les révélations du Journal de Québec soulevaient des questions sur le choix de M. LeBlanc comme nouveau PDG.

«Je pense qu’il y a des questions auxquelles le ministre doit répondre par rapport au processus de sélection», a-t-elle indiqué.

«N'y a-t-il pas un conflit d'intérêts flagrant?» a-t-elle ajouté à l’Assemblée nationale.

Pour sa part, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a demandé d’obtenir le rapport de la firme de chasseurs de têtes pour savoir «qui devrait occuper le poste, au lieu d'un proche du ministre».

«Le ministre de l'Économie nous démontre qu'à la CAQ, un chum, c'est un chum», a-t-il ajouté.

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Des réactions

 
 
Le premier ministre du Québec, François Legault
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« N’y a-t-il pas un conflit d’intérêts flagrant ? » 
 
— Dominique Anglade, Parti libéral du Québec
 
 
Le premier ministre du Québec, François Legault
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« Le ministre de l’Économie nous démontre qu’à la CAQ “un chum, c’est un chum” »
 
— Pascal Bérubé, Parti québécois