/news/politics
Navigation

Une mesure d’exception pour mettre le 3e lien sur la voie rapide

caucus CAQ
Simon Clark/Agence QMI François Bonnardel

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement caquiste a eu recours à une mesure d’exception afin de mettre le projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis sur la voie rapide, a confirmé le ministre des Transports, François Bonnardel, lors de l’étude des crédits budgétaires.

En commission parlementaire, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transport, Gaétan Barrette, a reproché au ministre des Transports de ne pas avoir emprunté «le chemin normal» pour faire cheminer le projet de troisième lien dans l’appareil gouvernemental.

«Comment ça se fait que ce projet-là, il ne suit pas les règles qui sont établies par une loi?» a demandé le député libéral de La Pinière, rappelant que normalement, le projet aurait dû passer par plusieurs étapes, soit «la mise à l’étude, l’étude, le dossier d’opportunité et ainsi de suite». Dans le cas présent, le gouvernement est passé rapidement au mode «planification». Une somme de 325 M$ a ainsi pu être réservée pour les plans et devis dans le dernier budget provincial.

Appelé à se défendre, le ministre Bonnardel a rappelé que son parti s’était engagé à prioriser le troisième lien. La CAQ a aussi promis une première pelletée de terre avant les prochaines élections.

«Ce projet, c’est pour tout l’est du Québec. C’est un projet de développement économique, c’est un projet, aussi, qui va assurer la sécurité des transports», a fait valoir le ministre des Transports.

Article 32

Afin de tenir parole, le gouvernement s’est donc prévalu «des mesures d’accélération» prévues dans un article de la Directive sur la gestion des projets majeurs d’infrastructure, a expliqué M. Bonnardel.

«Le parti libéral a déjà utilisé l’article 32, justement, pour le réseau de transport structurant [de la Ville de Québec]», a lancé le ministre.

Cette affirmation a plus tard été contredite par le député libéral de Jean-Talon et ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sébastien Proulx.

«Non. Le transport structurant, ce qui a été fait, c’est qu’on a considéré, à la lumière des informations qui étaient au dossier, le Conseil du trésor a dit: voici l’étape où le projet est rendu, parce qu’on a suffisamment de données pour le justifier», a expliqué M. Proulx à notre Bureau parlementaire.

«Dans le cas du troisième lien, on ne connaît ni le coût, ni le tracé, ni l’échéancier. Ce qui n’est pas le cas du transport structurant, où on connaît le coût, on connaît le tracé, et on connaît l’échéancier», a-t-il ajouté.

Les libéraux jaloux?

«Quand j’entends les libéraux nous reprocher d’aller trop rapidement sur un dossier, je trouve ça assez paradoxal de la part du parti qui n'a justement absolument rien fait pour faire avancer le dossier du troisième lien», a répliqué l’actuelle ministre responsable de la région, Geneviève Guilbault.

«Peut-être qu’il est jaloux, ou qu’il est choqué du fait qu’on réussisse à faire ce qu’eux ont échoué à faire», a dit la députée caquiste de Louis-Hébert.

De retour en commission parlementaire , le ministre Bonnardel a refusé de donner la parole au directeur du bureau de projet du troisième lien, Frédéric Pellerin, comme le demandait M. Barrette, qui n’a pas lâché le morceau.

«Je vais prendre toutes les questions sur le troisième lien», a dit le ministre des Transports, qui en avait peu à révéler sur les plus récentes avancées dans ce projet.