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CAE prête à venir en aide à Boeing

Elle propose l’utilisation de ses simulateurs de vol pour former les pilotes de 737 MAX

Boeing 737 MAX
Capture d'écran tirée de Twitter, Boeing Le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg (en bas, à gauche), s’est récemment familiarisé avec la mise à jour du logiciel MCAS, qui est au cœur des enquêtes sur les écrasements d’avions 737 MAX appartenant à Lion Air et Ethiopian Airlines.

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Le plus important fabricant de simulateurs de vol au monde, CAE, de Montréal, se tient prêt à apporter sa contribution pour accroître la sécurité des avions 737 MAX de Boeing.

CAE a reçu des commandes pour une quarantaine de simulateurs conçus spécialement pour le 737 MAX et en a livré neuf jusqu’ici. L’entreprise prévoit en livrer 20 autres cette année, a indiqué au Journal une porte-parole de l’entreprise, Pascale Alpha.

Air Canada est l’une des rares compagnies aériennes du monde à en avoir : elle a pris possession du tout premier simulateur 737 MAX produit par CAE en octobre 2017, quelques semaines avant de recevoir son premier 737 MAX.

Lion Air et Ethiopian Airlines ont aussi acheté des simulateurs de vol de CAE pour le 737 MAX.

Un simulateur de CAE
Photo Martin Alarie
Un simulateur de CAE

Une heure sur un iPad

Les pilotes de ces compagnies qui étaient aux commandes des deux appareils qui se sont écrasés n’avaient toutefois pas eu l’occasion de s’entraîner dans ces simulateurs construits à Montréal.

Il n’y avait là rien d’anormal : les pilotes qui travaillaient déjà sur des Boeing 737 NG de génération précédente n’étaient pas tenus de faire des séances en simulateur pour passer au 737 MAX. Il leur suffisait de suivre une formation d’environ une heure sur un ordinateur ou sur une tablette.

Il est toutefois loin d’être certain que des séances en simulateur auraient permis d’éviter les deux tragédies, qui ont fait ensemble 346 morts. Pour l’instant, les simulateurs ne contiennent aucun exercice sur le système antidécrochage MCAS du 737 MAX. En fait, Boeing n’en avait même pas révélé l’existence aux pilotes avant l’écrasement de Lion Air. Or, le mauvais fonctionnement de ce logiciel est au cœur des enquêtes sur les deux accidents.

« Le “package” [contenu] de simulation du 737 MAX est fourni par Boeing », précise Mme Alpha.

On peut s’attendre à ce que le MCAS, qui tire vers le bas le nez du 737 MAX dans certaines circonstances, soit intégré au contenu des simulateurs lorsqu’on autorisera la remise en vol de l’avion.

Garneau vante les simulateurs

Mais est-ce que les pilotes seront désormais obligés d’entrer dans un simulateur avant de prendre les commandes d’un 737 MAX ? Rien n’est moins sûr.

Dans un rapport publié cette semaine par la FAA, des experts en pilotage ont soutenu que cela n’était pas nécessaire, le 737 MAX étant considéré comme un dérivé du 737 NG. Tout au plus suggèrent-ils d’aborder le fonctionnement du MCAS lors d’une formation en salle de classe.

<b>Marc Garneau</b></br>
<i>Ministre des Transports</i>
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Marc Garneau
Ministre des Transports

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a toutefois assuré mercredi que le Canada exigerait de la formation en simulateur pour le 737 MAX.

« Il ne sera pas question de sortir un iPad et de passer une heure dessus, a-t-il lancé. Les simulateurs sont de loin la meilleure façon [...] de passer en revue exactement ce qui pourrait se produire dans la vraie vie et d’y réagir adéquatement. »