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Des riverains travaillent d’arrache-pied

Les niveaux des eaux continuaient de monter hier dans plusieurs régions laissant craindre le pire

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Des citoyens demeurant en zones inondables redoublaient d’efforts vendredi, en attendant les inondations majeures qui pourraient les frapper pendant la fin de semaine. Certains ont d’ores et déjà quitté leur maison craignant de devoir revivre comme en 2017 une évacuation forcée traumatisante. D’autres, à l’inverse, restent chez eux dans l’espoir de protéger leur chez-soi. Certains espéraient toujours que les niveaux d’eau record d’il y a deux ans ne seraient pas atteints. Chose certaine, les préparatifs allaient de bon train, pendant que l’eau montait.

Pas d’âge pour aider

Photo courtoisie, Stéphane Sinclair

Les jumelles Léane et Maëva Boyer, cinq ans, remplissaient vendredi des sacs de sable pour aider les riverains du secteur de Pointe-aux-Anglais à Oka, dans les Laurentides. Elles étaient bien contentes de contribuer, puisqu’elles savent que leur maison ne court aucun risque. Elles ont donc voulu donner un coup de main avant l’arrivée possible de l’armée.

« Vite, il faut en faire d’autres », s’est exclamée l’une d’elles.

– Stéphane Sinclair, collaboration spéciale

Des provisions pour deux semaines

Photo Amélie St-Yves

Deux retraités qui attendent toujours leur chèque d’indemnisation pour les inondations de 2017 ont fait assez de réserves de nourriture pour passer les deux prochaines semaines à la maison.

Danielle Chagnon et son conjoint demeurent sur la route de la Langue-de-Terre, qui longe le fleuve Saint-Laurent à Maskinongé, en Mauricie. Déjà vendredi, le chemin pour s’y rendre était inondé au point où les résidents laissaient leurs voitures sur la route du Nord, un peu plus loin, pour pouvoir regagner les résidences en bateau en passant à travers les champs.

Cette semaine, le couple a fait des réserves de lait, de viande, de pain et de légumes afin de ne pas quitter la maison. Mme Chagnon et son conjoint se relayeront aux quatre heures durant la nuit pour surveiller les pompes et la crue des eaux.

Il y a deux ans, ils ont dû voyager avec leurs voisins en bateau ou en VTT pendant trois mois.

« Là, on va redonner le quatre-roues au monsieur, et après, on est confinés à la maison », dit Mme Chagnon, déjà tannée.

– Amélie St-Yves, collaboration spéciale

Il n’a Pas encore été compensé pour 2017

Photo Matthieu Payen

Alors que son dossier d’indemnisation pour les inondations de 2017 n’a toujours pas été traité, Mark Caudrey se prépare pour les crues à venir.

« Je me trouve moins anxieux, plus organisé. J’ai appris de la dernière fois », dit le résident de Rigaud, en Montérégie, tenant en main sa liste des choses à faire avant le début des inondations.

M. Caudrey a toujours une dent contre le ministère de la Sécurité publique en raison des délais de traitement des dossiers de compensation. En 2017, son sous-sol a été entièrement inondé malgré une semaine de combat acharné.

« Il y a quand même eu du positif parce qu’aujourd’hui, je connais 95 % de mes voisins », lance-t-il en souriant.

Il a d’ailleurs prévu de remettre à flot un radeau de fortune constitué de deux flotteurs de planches à voile, d’un parapluie et d’un moteur qui lui avait permis de ravitailler son quartier en 2017.

– Matthieu Payen

Des animaux à protéger

Photo Caroline Lepage

Les responsables du Zoo académie de Nicolet, dans le Centre-du-Québec, ont prévu le coup cette année pour ne pas devoir évacuer en catastrophe le site et leurs animaux, comme ils avaient dû le faire il y a deux ans. Ils ont notamment conçu un vaste enclos surélevé sur des gros troncs d’arbre pour loger en toute sécurité leurs renards arctique et roux (sur la photo), même si le fleuve Saint-Laurent sort de son lit.

– Caroline Lepage, collaboration spéciale

En attendant la digue permanente

Photo courtoisie, Stéphane Sinclair

Des citoyens s’affairaient à construire une digue temporaire vendredi, à Deux-Montagnes, dans les Laurentides. L’approbation de Québec pour la construction d’une digue permanente est survenue trop tard pour les protéger des présentes inondations.

« C’est décourageant, c’est ridicule. Ils voulaient protéger les berges de la rivière, mais il faut les scrapper de toute façon avec une solution temporaire pour éviter un autre désastre », a dit Mathieu Carrier, un résident de la 13e Avenue.

C’est ce secteur de Deux-Montagnes qui a été le plus touché par il y a deux ans. La Ville a demandé, dès l’été 2017, la construction d’une digue permanente pour protéger les maisons.

Le ministère de l’Environnement a donné son feu vert en février.

– Stéphane Sinclair, collaboration spéciale

L’investissement d’une vie

Photo Matthieu Payen

De retour de la Floride, Gérard Fuentes préparait avec son fils Thierry son terrain du chemin de la Baie-Quesnel, à Rigaud.

Après avoir attaché à sa maison ses brouettes, son composteur et tout ce qui peut flotter, il réfléchissait au moyen de protéger son garage, qui avait été inondé il y a deux ans.

« Pour le reste de la maison, je devrais être correct, assurait-il. Mon terrain est en hauteur. Même en 2017, l’eau n’était pas rentrée à l’intérieur. »

Le sculpteur d’oiseaux en bois a planté une règle graduée dans l’eau pour mesurer chaque jour la montée des eaux. Sur la photo, il montre jusqu’où l’eau a grimpé en 2017.

– Matthieu Payen