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Forages pétroliers et gaziers: des organismes demandent à Québec de ne pas céder aux lobbyistes

Junex
Photo courtoisie

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MONTRÉAL | Des groupes environnementalistes demandent au premier ministre François Legault de ne pas céder aux pressions de compagnies qui veulent lever l'interdiction de la fracturation du schiste et l’interdiction des forages dans trois baies de la Gaspésie.

Selon le Front commun pour la transition énergétique, des recherches dans le Registre des lobbyistes du Québec indiquent que que deux compagnies du secteur des énergies fossiles, l’entreprise albertaine Questerre Energy et l’autrichienne Utica Resources, se sont engagées dans des démarches visant à faire modifier les règlements de la Loi sur les hydrocarbures.

«Les mandats inscrits au Registre précisent que le président de Questerre Energy, Michael Binnion, le porte-parole de l’Association pétrolière et gazière du Québec, Éric Tétrault, le porte-parole d’Utica Resources, Mario Lévesque et leurs collaborateurs ont pour mission de cibler des élus municipaux, des ministres et leurs fonctionnaires et même le premier ministre dans l’espoir de les influencer en leur faveur», peut-on lire dans le communiqué du Front commun diffusé jeudi.

En novembre dernier, rappellent la coalition, Questerre Energy a demandé aux tribunaux de faire invalider des règlements interdisant la fracturation hydraulique dans le schiste devant la Cour supérieure de Québec, et a obtenu le 22 mars dernier la suspension des procédures.

«Questerre a-t-elle renoncé à l’action en justice parce qu’elle s'attend à des concessions de la part du gouvernement? C’est un scénario plausible et troublant quand on sait que les lobbyistes de la gazière sont très actifs à Québec et dans les régions ciblées ces temps-ci», a indiqué André Bélisle de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

Dans son action en justice, Questerre Energy visait entre autres le retrait de l'interdiction des forages dans la baie de Gaspé, la baie des Chaleurs et la baie de la Malbaie.

Le Front commun demande au premier ministre François Legault de «dire clairement qu’il a l’intention de maintenir les restrictions et même de les augmenter».

«Même si leur eau, leur air, leur santé, leurs paysages et leur qualité de vie sont menacés [les citoyens] ne sont pas informés de ce qui se discute entre l’industrie et les décideurs publics derrière des portes closes», a déploré Patrick Bonin de Greenpeace Canada.

Sortir des hydrocarbures

Pour Carole Dupuis, du Mouvement écocitoyen UNEplanète, «le Québec doit tourner le dos à l’extraction pétrolière et gazière une bonne fois pour toutes».