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Cultivateur épinglé grâce à ses chiens

Les deux pitbulls errants ont conduit la police de Montréal vers les serres clandestines de leur maître

Ses 800 plants de pot saisis à cause de ses pitbulls
Photo courtoisie L’immeuble de la rue Lajeunesse à Montréal abritait trois serres totalisant 800 plants de pot.

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Deux pitbulls qui erraient dans la rue en face de la résidence de leur maître ont bien malgré eux conduit les policiers de Montréal à la découverte d’une « usine à pot », il y a deux semaines.

Le propriétaire des deux chiens mal attachés risque de s’en mordre les doigts.

Van Luc Vo, 42 ans, se retrouve non seulement passible d’accusations criminelles, mais le duplex évalué à 327 000 $ où il habite avec sa famille pourrait être confisqué par l’État en tant que « bien infractionnel ».

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a saisi, le 4 avril, 800 plants de marijuana à l’intérieur de l’immeuble situé dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

C’est en allant rendre deux chiens pitbulls à leur maître que les policiers ont flairé une forte odeur de cannabis.
Photo courtoisie
C’est en allant rendre deux chiens pitbulls à leur maître que les policiers ont flairé une forte odeur de cannabis.

Tout a débuté dans les semaines précédentes quand des patrouilleurs répondant à une plainte de citoyens ont dû intervenir auprès des pitbulls qui gambadaient en face du 9108-9110, rue Lajeunesse, après s’être sauvés de la terrasse arrière de cette même adresse.

En cherchant les propriétaires des chiens de type pitbulls, les policiers ont ouvert la porte déverrouillée du vestibule à l’arrière de l’immeuble.

Terre et chaleur suspectes

« Ces derniers constatent une forte odeur de marijuana fraîche et la présence d’une poche de Pro-Mix dans l’escalier [...], un mélange de terre utilisé entre autres pour la culture de cannabis », précise l’Unité des produits de la criminalité du SPVM dans des documents judiciaires consultés par Le Journal.

Les policiers ont alors rendu les chiens à leur proprio, qui a écopé de constats d’infraction en vertu du règlement municipal sur le contrôle des animaux. Mais les ennuis du maître ne faisaient que commencer.

Avec un appareil de thermographie infrarouge, la police a ensuite effectué un balayage du duplex suspect et établi qu’une « chaleur anormale » se dégageait du mur arrière, comparativement aux bâtiments voisins.

Une « lueur rosée comme dans les serres » émanait d’une pièce à l’arrière, tandis que sur la façade de l’immeuble, toutes les fenêtres étaient obstruées par « des rideaux opaques ».

Le matin du 4 avril, le SPVM a investi les lieux et constaté que le local commercial au rez-de-chaussée cachait trois serres à l’intérieur desquelles poussaient près de 800 plants de pot.

Odeur dans la cuisine

Le courant y était détourné des compteurs d’Hydro-Québec et les installations électriques comportaient des risques d’incendie.

Les policiers pouvaient même déceler l’odeur du pot dans la cuisine du logement à l’étage, où ils ont trouvé des papiers de « comptabilité de stupéfiants » et « des recettes d’engrais ».

Le lendemain de la perquisition, la juge Guylaine Rivest a émis une ordonnance de blocage sur l’immeuble, dont la propriétaire est Thi Chan Nguyen, la conjointe de Van Luc Vo, aux motifs qu’il représente un « bien infractionnel » et sert « essentiellement à la production de cannabis à grande échelle », selon le SPVM.

♦ Advenant un verdict de culpabilité devant le tribunal, le couple sans antécédent judiciaire se fera vraisemblablement confisquer son duplex au profit de la Procureure générale du Québec et de la Ville de Montréal.

Son argent liquide est saisi deux fois en 24 heures

La propriétaire de l’immeuble abritant cette plantation clandestine de cannabis a été arrêtée deux fois en 24 heures et s’est fait saisir 31 500 $ en argent comptant par le SPVM.

Le matin du 4 avril, les policiers ont accueilli Thi Chan Nguyen à son domicile de la rue Lajeunesse après son arrivée au volant de son luxueux VUS blanc Mercedes GLK35.

Le sac à main de la propriétaire des lieux, Thi Chan Nguyen, contenait 4000 $, qui ont été saisis.
Photo courtoisie
Le sac à main de la propriétaire des lieux, Thi Chan Nguyen, contenait 4000 $, qui ont été saisis.

Elle a d’abord été mise en état d’arrestation pour production de cannabis. Sur place, la police lui a saisi 4000 $ dissimulés dans un sac à main griffé Yves Saint Laurent.

« Aussitôt libérée » après la perquisition, Mme Nguyen s’est rendue dans une succursale de la Banque TD, ignorant que les policiers la suivaient.

Des profits

En ressortant, elle a de nouveau été interceptée pour recel de produits de la criminalité. Elle était en possession de « 25 000 $ provenant de son coffret de sûreté » et « 2500 $ sortis du guichet », selon des documents judiciaires au dossier.

« La production de cannabis illégal et sa revente permet de générer de fortes entrées d’argent comptant », précise l’Unité des produits de la criminalité du SPVM dans ces documents, en référence à l’origine alléguée des sommes saisies à Mme Nguyen, dont le conjoint Van Luc Vo avait « le contrôle » de cette plantation.

Selon le SPVM, la pègre asiatique exerce maintenant un quasi-monopole de la production intérieure de cannabis dans les régions de Montréal, de Laval et de Longueuil.