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En vélo en l’honneur de son père

Un avocat de Québec parcourra 200 km au Nunavik pour l’apnée du sommeil

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 Un avocat de Québec affrontera au cours des prochains jours le désert de neige qu’est le Nunavik, au cours d’une expédition en fatbike qui vise à amasser des fonds pour l’apnée du sommeil, maladie méconnue qui lui a volé son père, l’an dernier.  

 

 C’est après le décès subit de son père que le jeune avocat a réalisé l’importance de profiter de la vie « lorsque c’est le temps ».  

 

 « Mon père est décédé subitement, dans son sommeil. Ça m’a beaucoup brassé parce que mon héros, c’est lui, je n’étais pas prêt à le perdre. C’était dur de voir qu’il passait à côté d’une retraite bien méritée », relate Alexandre Dufresne, qui souhaite amasser 5000 $ pour la Fondation Sommeil, montant qu’il doublera lui-même.  

 

 Conséquences méconnues  

 

 L’avocat estime qu’on ne parle pas suffisamment des risques de l’apnée, et c’est pour cela qu’il a décidé de rouler pour la cause. « On sait tous que ça peut être un facteur de fatigue, et tout ça, mais peu de gens savent qu’on peut en mourir si ce n’est pas bien contrôlé », explique-t-il.  

 

 C’est exactement ce qui est arrivé à son père, Alain Dufresne. Oui, il avait bien un masque pour l’apnée du sommeil, mais d’une vieille génération, qui l’empêchait de dormir. Il n’a jamais vraiment fait de suivi pour obtenir de meilleurs équipements jusqu’à son décès, à 57 ans.  

 

 « Mon père avait la machine, mais il l’utilisait mal. Et il était en forme, en bonne santé générale, donc personne ne l’a vu venir. Ce que je veux dire, c’est que personne n’a le luxe de procrastiner avec ça, insiste le jeune homme. Il y a des gens qui ne respirent pas pendant 33 % de leur nuit. Sur une longue période, ça use le corps, et surtout le cœur. »  

 

 200 km dans la neige  

 

 M. Dufresne et deux amis s’attaqueront donc, en vélo, aux 200 km qui séparent les villes nordiques de Puvirnituq et Inukjuak. L’excursion, prévue pour cinq jours, pourrait bien s’étirer jusqu’à huit en fonction des conditions météo, la grande inconnue de cette aventure.  

 

 « On pourrait avoir des blizzards qui nous empêchent de rouler et qui nous forcent à passer des journées dans notre tente. Sinon, un redoux viendrait ramollir la neige et nous compliquer la vie », confie Alexandre Dufresne, qui affirme ne pas être un cycliste aguerri à la base. « Je n’avais jamais fait de fatbike avant le 7 avril. »  

 

 100 lb d’équipement  

 

 Le trio devra aussi gérer 100 lb d’équipement et de denrées chacun, en plus d’un stock de vêtements adaptés à toutes les conditions météo.  

 

 « La gestion de l’humidité sera un défi parce qu’on ne peut pas mettre nos vêtements dans la sécheuse le soir », lance en riant l’avocat, qui précise que le mercure devrait osciller aux alentours de -10 °C durant leur périple. La présence d’ours polaires est aussi redoutée.  

 

 « On espère ne pas en rencontrer, mais on est équipés et on sait comment réagir, si jamais. »  

 

 

 L’excursion d’Alexandre Dufresne en chiffres  

  

  •  200 km en vélo « fatbike » entre Puvirnituq et Inukjuak   

  

  •  3 participants   

  

  •  100 livres d’équipement et de denrées chacun   

  

  •  7 heures de vélo par jour   

  

  •  5000 $ à amasser pour la Fondation Sommeil