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[VIDÉO] Patrick Bruel profite de chaque instant

Patrick Bruel a rencontré les médias mardi au Centre Vidéotron, à Québec.
Photo Pascal Huot Patrick Bruel a rencontré les médias mardi au Centre Vidéotron, à Québec.

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Patrick Bruel a coincé quatre jours entre les 32e et 33e concerts de sa tournée Ce soir on sort... qui se déroule à un rythme infernal en Europe, pour rencontrer la presse québécoise, cette semaine. Au lendemain des événements tragiques de Notre-Dame de Paris qui l’ont ébranlé, Le Journal s’est entretenu avec le chanteur sur sa carrière, sur le temps qui file à un rythme fou et sur sa tournée triomphale.

Il a fait découvrir sa nouvelle chanson au public québécois, Pas eu le temps, à l’émission La Voix dimanche dernier. Le morceau est resté plusieurs jours dans le palmarès iTunes des chansons francophones.

Les propos de la pièce détonnent avec le rythme résolument dansant. «Quand je mets un rythme enjoué sur Pas eu le temps, c’est pour contrecarrer la nostalgie du temps qui passe. Sinon, on se flingue!» lance-t-il en riant au cours d’un entretien avec Le Journal, mardi, alors qu’il visitait le Centre Vidéotron où il se produira le 9 novembre.

Dans ce dernier extrait, Bruel chante les mots d’un homme qui n’a pas eu le temps «de regarder passer [sa] vie ni de bien comprendre où [ses] 20 ans sont partis». Le sujet est récurrent dans le récent opus du chanteur, qui se veut un «album de la réconciliation», dit-il.

Pour ajouter à la nostalgie du temps qui passe, Patrick Bruel vient d’insérer un hommage à Johnny Hallyday dans son concert, en reprenant l’évocatrice chanson J’ai oublié de vivre.

«Avec J’ai oublié de vivre, j’explique aux gens ce que la vie sur scène représente», justifie-t-il.

Loin d’être blasé

«Je ne profite peut-être pas assez de la vie», avait confié Bruel lorsque Le Journal l’avait rencontré à Paris, il y a un mois.

«J’avance très vite avec beaucoup, beaucoup de choses, comme une espèce de course. Profiter de la vie, c’est aussi se poser, attendre, se ressourcer, n’avoir rien de prévu dans la journée. Moi, je ne connais pas assez ça. Alors qu’il faudrait s’arrêter pour que le temps s’arrête.»

Ironiquement, c’est avec son intense tournée actuelle que le chanteur s’épanouit plus que jamais. S’il a connu des tournées effrénées dans toute la francophonie, des fans déchaînés, des concerts à guichets fermés, Patrick Bruel est loin d’être blasé. Après 40 ans de carrière, la star française veut profiter de chaque instant.

«Ma capacité d’émerveillement est intacte devant tout ce qui m’arrive, confiait-il mardi, sans hésitation. Quand, sur Qui a le droit, je suis seul à la guitare et qu’il y a une mer de portables qui s’allume... je me dis tous les soirs que j’ai de la chance. C’est assez indescriptible.»

Maître de tout

Cet automne, Patrick Bruel souhaite, avec ses deux spectacles événements qui auront lieu à Montréal et à Québec, souligner ses 30 ans d’amour avec le Québec.

Le chanteur s’est d’ailleurs fait questionner sur sa longévité professionnelle lors de sa conférence de presse au Centre Vidéotron. «Il faut être fidèle à ses choix, à son éthique, à sa ligne. J’ai toujours beaucoup travaillé. Il faut réfléchir, surprendre et prendre des risques. Le plus grand risque de notre métier, c’est de ne pas en prendre», philosophe-t-il.

Être le capitaine de son bateau, il est là aussi le secret de la longévité d’une carrière, estime Bruel, qui n’a pas de manager et gère lui-même tous les aspects de sa carrière. «Je rentre au bureau le matin, à Paris, pour travailler à ma boîte de production. Avant chaque spectacle, je suis là pour tout le monde, je suis sur tous les coups. Et j’écoute tout. Je ne prends pas de plaisir aux répétitions.»

Il est entouré de quelques personnes de confiance, bien sûr. Des employés fidèles qu’il est allé chercher... dans son fan-club, explique-t-il, car personne ne pouvait faire un meilleur travail qu’eux.


► Patrick Bruel sera en spectacle le 6 novembre au Centre Bell et le 9 novembre­­­ au Centre Vidéotron.