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Scorer dans son but

Pierre Fitzgibbon
Photo Pierre-Paul Poulin Pierre Fitzgibbon

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Après un début de session difficile, le gouvernement Legault a eu la chance d’observer ses adversaires compter allègrement des buts dans leur propre filet. Sauf qu’il termine la semaine en faisant lui aussi une démonstration d’autosabotage avec la nomination de l’ami et ex-partenaire d’affaires du ministre Pierre Fitzgibbon à la tête d’Investissement Québec.

En début d’année, il y a eu le congédiement controversé du lanceur d’alerte du ministère de l’Agriculture, Louis Robert. Puis, l’accouchement du projet de loi transformant le système d’immigration s’est fait dans la douleur.

Mais depuis le dépôt du projet de loi sur la laïcité, pourtant la pièce réputée la plus délicate de cette législation, le vent a tourné.

D’abord parce qu’un sondage a montré l’appui de 67 % de la population derrière l’interdiction du port de signes religieux pour les personnes en autorité. Mais surtout parce que les défenseurs de la primauté du multiculturalisme et des libertés individuelles ont attiré l’attention sur eux pour les mauvaises raisons.

Il y a eu le maire de Hampstead et son évocation de « nettoyage ethnique ». Le chef libéral Pierre Arcand a blâmé les politiques de la CAQ pour de tels dérapages. Puis l’ex-candidate de Québec solidaire Eve Torres, dans une « blague » de mauvais goût suprême, a lié l’interdiction des signes religieux à l’incendie de Notre-Dame de Paris.

Une métropole à part ?

Quant à la mairesse sœur sourire de Montréal, sa sortie pour clamer un caractère distinct à l’égard des signes religieux a été rejetée à l’Assemblée nationale. Même les élus du PLQ et de QS, qui affichent une opposition ostentatoire au projet de loi 21, refusent d’envisager une exemption pour la Ville de Montréal.

Il faut aussi rappeler à Valérie Plante que selon Léger, 63 % des citoyens de la région métropolitaine de Montréal sont d’accord avec l’interdiction du port des signes religieux pour les personnes en autorité.

Sur un autre sujet, en commission parlementaire, le libéral Pierre Arcand et le péquiste Pascal Bérubé ont asticoté François Legault sur ses convictions à l’égard du Canada.

Cette confrontation dans la vieille optique souverainiste-fédéraliste sonnait comme un 45 tours usé, parce que le chef caquiste a réussi à camper autre chose qui, graduellement, entre dans les mœurs. Il a eu beau jeu de prendre ses distances de ces « chicanes du passé » et les deux larrons rouge-bleu ont perdu au change.

Le copain d’abord

Mais voilà. Le gouvernement caquiste a donné à un ami du ministre de l’Économie les commandes d’investissement Québec, jeudi. Guy LeBlanc, partenaire d’affaires avec Pierre Fitzgibbon dans l’entreprise Move Protéine, se retrouve dans un poste clé.

En plus, le gouvernement lui permettra de toucher une rémunération de près du double de son prédécesseur chez IQ, à plus de 800 000 $.

Pourtant, résonne encore l’écho de la voix de François Legault qui scandait « Avec un gouvernement de la CAQ, les nominations partisanes et les petits amis, c’est terminé ! », le printemps dernier, à Lévis.

Et le shérif Éric Caire aurait déchiré sa chemise devant une telle nomination. Où est-il ?

Favoritisme ?

Guy LeBlanc a le profil de l’emploi, mais parmi les gens compétents qui auraient pu occuper la fonction, a-t-il été favorisé dans le processus en raison de ses liens étroits avec les personnes au pouvoir? Bien des gens peuvent le penser.

Et François Legault donne ainsi raison au mantra cynique « plus ça change, plus c’est pareil »...

Les bulletins

Christian Dubé, CAQ

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le président du Conseil du trésor a déçu lorsque, talonné par Gaétan Barrette, il a lâché que les Québécois n’avaient pas besoin de savoir quelle somme est nécessaire pour couvrir la hausse des coûts de système dans les ministères. Comment pourrons-nous juger alors si le gouvernement injecte l’argent requis pour assurer les missions ?

François Bonnardel, CA

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Simon Clark

La bonification de la compensation pour les propriétaires de taxis, étirée à son maximum dans l’optique des contribuables et des utilisateurs, devrait permettre au ministre de gagner la bataille de l’opinion publique. Par contre, à l’étude des crédits sur les transports, pourquoi a-t-il refusé que le patron du bureau de projet du 3e lien réponde aux questions ? M. Bonnardel n’était pas fan de l’opacité dans l’opposition.

Gaétan Barrette, PLQ

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Simon Clark

Agnès Maltais a été une élue efficace et redoutable en commission parlementaire pendant plusieurs années. Le député de La Pinière semble prendre le flambeau ! Loin de s’ennuyer dans l’opposition, il questionne les ministres avec insistance et une précision chirurgicale.

Véronique Hivon, PQ

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Joël Lemay

La députée de Joliette nous a permis d’apprendre qu’on ne compile plus au Québec les procès avortés en raison de délais déraisonnables, ce qui est inacceptable. Puis, elle a pris le gouvernement Legault la main dans le sac. Il a ordonné aux écoles d’attirer tous les enfants, même ceux qui fréquentent des CPE, dans ses nouvelles maternelles 4 ans.

En vrac

2 M$

Somme dépensée par Hydro-Québec dans une campagne publicitaire pour souligner son 75e anniversaire


Amour improbable

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Simon Clark

« Je voudrais juste être bien sûr, avant qu’on dise à tout le monde qu’on est en amour, qu’on soit bien sur la même longueur d’onde. » – François Legault

Pierre Fitzgibbon
Photo Agence QMI, Simon Clark

« Ne partez pas de rumeur, là... » – Manon Massé


Correspondance pour Jason Kenney (premier ministre d’Alberta)

Jason Kenney
Photo Reuters, Chris Wattie
Jason Kenney

« Il n’y a pas d’acceptabilité sociale pour un nouveau pipeline au Québec. » – François Legault