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Une serveuse a gain de cause contre Restos Plaisirs

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Le Tribunal administratif du travail donne raison à une ancienne serveuse du Groupe Restos Plaisirs qui estimait avoir été congédiée injustement à la suite d’une plainte d’une cliente.

Selon les documents de la Cour, la femme de 54 ans était employée depuis neuf ans pour l’entreprise qui détient 12 restaurants, deux boutiques et un service de traiteur.

Rappelons que le Groupe Restos Plaisirs possède, dans la grande région de Québec, les enseignes Cochon Dingue, Café du Monde, Paris Grill, Lapin Sauté, JAJA, Ciel ! Bistro-bar et Restos Plaisirs – boutique et traiteur. Il compte environ 950 travailleurs.

L’incident en question est survenu le 9 février 2018, alors qu’une cliente n’a pas apprécié — pour une deuxième fois — le service offert par une serveuse. Ce n’est que lors d’une visite suivante, soit le 28 février, qu’elle a fait part de sa déception à la direction. Cette dernière a choisi de congédier la serveuse, le 2 mars, sans « qu’aucune précision lui soit apportée concernant la plainte ».

C’est d’ailleurs l’un des éléments que reprochait à ses anciens patrons la plaignante, qui travaille dans le domaine depuis une quarantaine d’années. Elle affirme notamment avoir été congédiée sans avoir pu donner sa version des faits. Elle réclame le remboursement de son salaire perdu et une « indemnité raisonnable » de fin d’emploi.

« Discipline progressive »

De son côté, le Groupe Restos Plaisirs allègue avoir « appliqué une discipline progressive » au cours des dernières années avec cette serveuse, et que « cet événement constitue l’incident culminant justifiant son congédiement ».

L’employeur, qui souhaiterait demander la révision judiciaire, mentionne que plusieurs avertissements verbaux et écrits ont été transmis à la femme pour différents motifs en lien avec son attitude avec ses collègues et son service aux tables. La serveuse a déjà reçu une suspension de cinq jours.

Par exemple, en 2017, elle est réprimandée après avoir été captée par une caméra de surveillance en train de jeter à la poubelle la tuque d’un collègue.

Après avoir évalué les faits, le Tribunal a conclu que l’événement de février dernier ne justifiait pas le remerciement de l’employée.

« Certes, l’employeur est insatisfait de la qualité de son service et l’a avisée qu’une nouvelle inconduite pourrait mener à son congédiement. Cet ultimatum ne peut cependant justifier son empressement à mettre fin à l’emploi de la plaignante au moindre prétexte, sans obtenir préalablement ses explications », note la juge.

L’employeur s’est opposé à la demande de réintégration de la serveuse, ce que la juge a approuvé en raison du climat. Le Tribunal pourrait toutefois déterminer, au cours des prochains mois, d’autres mesures de réparation appropriées dans ce dossier.