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«Sortie côté tour» de Patrick DeWitt: étonnant revers de fortune

Patrick deWitt
Photo courtoisie, Dannu Palmerlee Patrick DeWitt

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Après avoir séduit des milliers de lecteurs avec Les frères Sisters, un western désopilant, adapté au cinéma par Jacques Audiard et lauréat de quatre prix César, l’écrivain Patrick DeWitt propose ce printemps Sortie côté tour. Cette tragédie de mœurs étudie la vie d’une mère bourgeoise et de son fils lorsqu’à la mort du père, ils sont aux prises avec un revers de fortune.

Frances, une bourgeoise aigrie de l’Upper East Side, à New York, est au bord du gouffre après une faillite honteuse et une solide accumulation de malheurs.

Mère poule, elle s’enlise dans un état navrant et rien ni personne — pas même son fils chéri, Malcolm — ne peut la secourir.

La mort de son mari, Price, un riche avocat, mais surtout l’attitude de Frances après son décès a provoqué un cataclysme dans la famille et une exclusion sociale.

Les gens de la «haute», jadis leurs amis fidèles, se font distants. Frances et Malcolm finissent par s’embarquer sur un paquebot, destination Paris, pour refaire leur vie. Ils seront vite entourés de personnages extraordinaires.

«Je voulais écrire sur l’Europe, sur Paris, où je suis allé plusieurs fois et où il m’est arrivé de nombreuses péripéties. Je voulais aussi écrire sur les riches Américains. Et en particulier, sur des personnes riches qui sont en train de perdre leur fortune. Leur vie change et ils sont forcés de réenvisager leur vie, sans argent. Et finalement, je voulais écrire sur le lien qui unit un parent et un enfant, une fois l’enfant devenu adulte», confie Patrick DeWitt, en entrevue de son domicile de l’Orégon, peu avant sa venue à Québec.

L’écrivain note qu’il n’a pas beaucoup vu de livres ou de films traitant du lien entre un parent et un enfant adulte. «Je ne sais pas pourquoi. J’ai maintenant 44 ans. Ma relation avec mon père et ma mère a beaucoup changé, en vieillissant. C’est un territoire très intéressant. Tous ces éléments se sont rassemblés pour former l’univers de ce roman.»

<i>Sortie côté Tour</i></br>
Patrick DeWitt illustré par Paul Bordeleau</i></br>
Éditions Alto, 296 pages
Photo courtoisie
Sortie côté Tour
Patrick DeWitt illustré par Paul Bordeleau
Éditions Alto, 296 pages

L’argent...

Frances et Malcolm, ses personnages, voient leur train de vie changer du tout au tout, au fil du roman. L’auteur lui-même s’est surpris à s’intéresser à l’argent...

«Je ne valorise pas tellement la richesse et ma relation à l’argent est très relax. Je ne souhaite qu’avoir assez d’argent pour ne pas avoir à m’inquiéter à ce sujet.»

«Ce n’est pas vraiment un sujet qui m’attirait... mais il y a quelque chose d’intéressant dans le fait d’écrire sur des personnages qui sont obligés de vivre de manière complètement différente. Je me suis surpris à être sympathique à leur cause. Au début, je voulais écrire quelque chose de plus hostile à leur sujet — ce qui me semblait même amusant. Puis, je me suis pris au jeu et je me suis rendu compte que je les aimais, et que je ne voulais que du bon pour eux.»

«C’est une chose étrange que des personnages de romans : on invente ces personnages, qui sont le fruit de notre imagination. Mais en passant des semaines, des mois puis des années en leur compagnie, ils deviennent bien réels! On a tendance à s’inquiéter pour eux et à espérer qu’ils trouvent des solutions à leurs problèmes.»

Humour

Patrick DeWitt, avec sa plume drôle, sensible, d’une grande finesse, s’est senti plus proche du personnage de Malcolm, mais aime beaucoup Frances.

«J’admire sa vision de la vie, sa force, son sens de l’humour et son style — elle a beaucoup de panache!»


■ Patrick DeWitt a écrit Les frères Sisters, un roman qui a obtenu le prix des Libraires du Québec et le prix littéraire du Gouverneur général.

■ Les frères Sisters a été adapté au cinéma par Jacques Audiard et a remporté quatre prix César.

■ Sortie côté tour est finaliste pour le prix Scotiabank Giller.

■ Il suit des cours particuliers pour améliorer son français.