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Inondations récurrentes: la relocalisation pourrait être la seule solution

Inondations récurrentes: la relocalisation pourrait être la seule solution
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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La relocalisation apparaît de plus en plus comme la meilleure solution pour les riverains de divers cours d’eau du Québec souvent inondés année après année, affirment des experts, qui écartent l’option du dragage.

Pour Pascale Biron, hydrogéomorphologue, le principal problème des gens notamment de Beauceville le long de la rivière Chaudière n’est pas tant la rivière que le fait qu’ils habitent à proximité. Même chose pour les gens de Rigaud ou de Saint-Raymond.

«Quand on vit en zone inondable, c’est un problème à la base», affirme la professeure de l’Université Concordia, qui salue la proposition de Québec d’offrir des indemnités à la relocalisation. «Ce que le gouvernement propose a bien du bon sens si les gens sont inondés à une fréquence élevée. Il faut qu’on les aide à se déplacer.»

L’urbaniste et géographe Isabelle Thomas estime également que le déplacement d’une partie de la population pourrait être bénéfique. «On doit arrêter d’indemniser pour refaire continuellement la même chose en reconstruisant de façon identique. [...] Quand la sécurité d’une personne est en jeu, une solution viable sera de l’aider à se trouver une maison sécuritaire», souligne la chercheuse de l’Université de Montréal.

Soulevée chaque année un peu partout par les sinistrés qui n’en peuvent plus de se retrouver à l’eau, la solution du dragage a peu de sens pour les experts interrogés par Le Journal. Ces derniers parlent plutôt d’une solution temporaire à un problème récurrent.

Solution «band-aid»

«C’est un peu une solution band-aid. Il n’y a nulle part où l’on préconise ça comme action de gestion des inondations», affirme Pascale Biron. «Les sédiments qu’on enlève, ils vont revenir, tout simplement. La rivière transporte des sédiments de l’amont vers l’aval, et de croire que si le lit de la rivière est plus creux, ça va moins déborder, c’est d’oublier que ce n’est pas immobile, une rivière», ajoute l’experte.

De son côté, François Anctil, spécialiste en hydrologie à l’Université Laval soutient que le bon côté du dragage viendra toujours avec de mauvais aspects. «Si ça réussit à être une solution pour ton inondation, le reste de l’année, ta rivière est draguée », rappelle le professeur, souhaitant des « solutions qui ne causeront pas d’autres problèmes».

Isabelle Thomas appelle également à une construction réfléchie le long des cours d’eau. Les villes doivent stopper l’émission de permis en zone inondable et réfléchir à une façon de reconstruire intelligemment pour les immeubles déjà existants. «S’adapter est primordial pour ne pas avoir à revivre cette même détresse année après année», déclare l’experte.