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Laurence Nerbonne: jouer avec le feu

Laurence Nerbonne Feu
Photo courtoisie, William Arcand

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Après le joli succès qu’a connu son premier album solo XO, en 2016, Laurence Nerbonne se demandait si elle avait encore des choses à dire. « J’étais dans le doute. Je me suis demandé si j’avais encore le feu sacré. En écrivant les chansons, je l’ai retrouvé. » Elle nous arrive ainsi avec l’album judicieusement appelé Feu. Le Journal s’est entretenu avec elle.

On peut entendre un certain virage musical sur ce disque, avec des éléments de hip-hop. Voulais-tu te détacher du disque précédent qui était plus pop ?

« Je vis super bien avec XO, j’aime encore l’album. Je pense que c’est une suite relativement logique dans les sons, dans les choix de textures. J’ai quand même utilisé des choses similaires. Mais c’est sûr que mon album date de trois ans et la pop a beaucoup changé depuis. J’ai beaucoup été inspirée par la musique trap, qui est une forme de hip-hop. Le trap devient de plus en plus populaire, quand on pense à Travis Scott et à Cardi B. C’est sûr que ç’a un peu influencé le ton de mon album. J’avais aussi le goût de faire quelque chose qui était un peu frondeur, moins girly, avec un côté un peu plus abrasif. »

Avais-tu déjà touché au hip-hop dans le passé ?

« En fait, ce sont vraiment mes premières amours, le hip-hop. Le premier CD que j’ai acheté, c’est LL Cool J ! Quand j’étais jeune, j’écoutais aussi du Puff Daddy, du Missy Elliott. J’ai vraiment grandi avec cette musique-là. Mais je ne savais pas comment le faire à ma façon. J’ai donc fait de la pop, mais qui était très influencée par le hip-hop. J’ai trouvé une façon de m’exprimer à travers ça. »

« Selon moi, les genres musicaux ont moins d’importance en 2019. Tout est mélangé. Je ne suis donc pas en train de dire que je deviens une rappeuse. Pour moi, c’est très naturel. Comme Rihanna peut faire Umbrella et après Bitch Better Have My Money. »

Pourquoi avoir décidé d’appeler cet album Feu ?

​« Pour moi, ça veut dire tellement de choses différentes. Quand j’ai commencé à écrire l’album, je suis arrivée devant une page blanche. Je me suis demandé si j’avais encore le feu sacré. [...] Il y a aussi un côté où c’est le fun de jouer avec le feu, mais ça peut être dangereux. Avec cet album-là, j’ai pris des risques. J’ai joué un peu avec le feu pour provoquer. [...] Le feu, c’est aussi la survie. Quand je passe en processus créatif pour un album, je me sens toujours un peu dans un mode survie, j’oublie un peu tout ce qu’il y a autour de moi. »

Laurence Nerbonne a incorporé quelques éléments de hip-hop sur ce nouveau disque. Le rappeur FouKi participe d’ailleurs à une chanson.
Photo courtoisie
Laurence Nerbonne a incorporé quelques éléments de hip-hop sur ce nouveau disque. Le rappeur FouKi participe d’ailleurs à une chanson.

Sur les chansons Fausses idoles et #MeToo, on a l’impression que tu règles des comptes. Est-ce le cas ?

« Ce n’est pas trop mon style de régler des comptes, à part souvent avec moi-même (rires). C’est une thérapie aussi, un album. Y’a pas des visées à quelqu’un en particulier. C’est juste moi qui m’exprime librement, je n’avais pas le goût de me censurer. »

Quand la pièce Fausses idoles est sortie, plusieurs personnes pensaient qu’elle faisait référence à Marie-Mai. Sais-tu si elle a entendu le morceau ?

« Non. On ne s’est pas revues, elle et moi, depuis qu’on a fait une performance ensemble [à la fête du Canada en 2017]. J’ai déjà dit que si j’avais voulu nommer quelqu’un dans la chanson, je l’aurais fait. »

Le mois prochain, tu vas participer au nouveau festival Metro Metro. Est-ce une façon détournée de rencontrer Cardi B, qui y jouera aussi ?

Exactement, c’est ça le plan (rires). Il faudrait qu’elle me prenne pour faire ses premières parties.

As-tu des visées sur les États-Unis ?

« J’écris en français parce que je parle en français, et je trouve ça logique. Après, si j’ai des opportunités là-bas ou des gens qui m’aident à écrire en anglais... Je suis allée dans un camp d’écriture au Nicaragua et j’ai rencontré des gens qui écrivent pour Ellie Goulding, Rihanna et tout ça. Je connais beaucoup de gens qui font ça dans la vie. Je pourrais le faire. Ça se peut que je fasse un mini-album [en anglais]. C’est dans l’air, mais pas une priorité. Je vais continuer de faire de la musique en français. Mais je ne me ferme pas de portes. »


► Le nouvel album de Laurence Nerbonne, Feu, est sur le marché. Un spectacle-lancement aura lieu le 23 mai au Centre Phi, à Montréal.