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Renaître à la vie

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Photo AFP En ce jour de Pâques, je pense aussi à Notre-Dame de Paris qui connaîtra une extraordinaire renaissance.

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Aujourd’hui, en ce dimanche de Pâques, tant de familles québécoises se réunissent pour célébrer Pâques, les plus jeunes sans trop savoir exactement pourquoi, mis à part le jambon pascal et le chocolat.

Peu, autour de la table, vont débattre du grand mystère chrétien, la résurrection du Christ, qui fait de Pâques, et non de Noël, la fête la plus importante du calendrier liturgique : tout le monde vient au monde, mais, direz-vous, peu de gens ressuscitent.

J’inscris mon désaccord.

Mieux que survivre

L’être humain est animé par une force de vie dont on ne soupçonne pas toujours la puissance. Je pense à tous ces gens qui tombent et qui se relèvent, la plupart des inconnus, mais heureusement pour nous tous, quelques « personnalités » se glissent parmi le nombre pour témoigner de la possibilité de la renaissance.

Pensons au golfeur prodige Tiger Woods qui a gagné le Masters dimanche dernier après 11 années de dérive et d’échecs. On se souviendra de ses infidélités multiples, son divorce acrimonieux, l’étrange accident d’auto devant son domicile à 2 h du matin deux jours après que le National Enquirer eut publié un reportage sur une maîtresse présumée.

Tout le monde le croyait fini. Ce qui rend son retour encore plus spectaculaire. Et inspirant.

Le mot « survivant » est souvent utilisé pour décrire des gens qui ont traversé un des déserts de la vie pour en émerger encore plus forts. Cette expression ne dit pas tout. Survivre c’est bien, renaître c’est mieux.

Et surtout, c’est possible. À condition d’entretenir l’espoir.

Joyeuse espérance !

Un jour, à la radio, j’ai demandé à feu l’abbé Gravel sa définition du bonheur. Sa réponse ? « L’espérance ». Plus fort qu’espoir, ce mot suranné est désormais réservé au vocabulaire chrétien. Et pour cause : rien ne symbolise mieux l’espérance pour des millions de croyants que la résurrection.

Mais si Jésus avait vécu à l’ère des réseaux sociaux, je me demande ce qu’il aurait essuyé comme crachats numériques.

Dans cet univers déréglé, les gens qui « s’en sortent » et qui témoignent ont rarement droit à la rédemption. Perdant un jour, perdant toujours. C’est faux.

Je n’ai jamais caché mon passé et mes déboires avec la cocaïne dont je suis sobre depuis 26 ans, mais il ne se passe jamais une semaine sans que quelqu’un me remette mon passé sur le nez, sans mauvais jeu de mots.

Cela fait partie des conséquences de mes choix avec lesquels je dois vivre, et je suis assez forte pour encaisser, mais je pense aux gens qui galèrent dans l’espérance d’une renaissance et qui se font démolir par des quidams malfaisants, et j’enrage.

De grâce, compassion et encouragements n’ont jamais fait mal à personne.

Notre-Dame

En ce jour de Pâques, je pense aussi à Notre-Dame de Paris qui connaîtra une extraordinaire renaissance, personne n’en doute.

Loin de Paris, je pense aux Québécois aux prises avec la montée des eaux printanières et qui anticipent le pire. Le temps n’est pas aux remontrances, mais à l’entraide et à l’espérance.

Oui, il reviendra, le soleil.

Joyeuses Pâques, chers lecteurs.