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La méthode Tinder appliquée à la pénurie de main-d’œuvre

L’application AppyHere a recours à l’intelligence artificielle pour pourvoir rapidement des postes d’ouvriers

Serge Massicotte
Photo PIerre-Paul Poulin Serge Massicotte, le fondateur d’AppyHere, au Palais des congrès de Montréal, plus tôt ce mois-ci. L’entreprise a des locaux dans la métropole québécoise ainsi qu’à San Francisco.

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Depuis longtemps, Serge Massicotte juge inadéquats les outils qu’utilisent les entreprises à la recherche de main-d’œuvre ouvrière. À la tête d’une équipe dispersée partout en Amérique, il a conçu un outil qui unit en temps réel, sans affichage de postes et sans CV, les employeurs et les candidats aux emplois à fort taux de roulement.

« Elles font fausse route en recourant aux mêmes systèmes que pour dénicher des cadres, lance-t-il. Ceux-ci demeurent en poste plusieurs années, et les processus d’embauche sont souvent longs et avec des références et des entrevues multiples. À l’inverse, les taux de roulement pour le personnel ouvrier peuvent atteindre 75 %. »

Depuis longtemps, les entreprises consacrent beaucoup de temps à publier et republier des annonces, à recevoir des CV, à les parcourir et les trier. Et comme il leur faut fréquemment remplacer des employés démissionnaires, elles agissent dans l’urgence, sans compter les dépenses occasionnées.

Serge Massicotte a monté une équipe de spécialistes qu’il a connus dans sa vingtaine au sein d’entreprises technologiques d’ici et à Silicon Valley. Installés à Montréal, Québec, San Francisco et Atlanta, les 13 membres viennent de créer l’application AppyHere.

Intelligence artificielle

L’outil permet aux travailleurs d’inscrire sans frais et en moins de cinq minutes leurs profils et préférences (expérience, emploi visé, nombre d’heures/jours, région ciblée, etc.), puis aux employeurs d’afficher gratuitement des postes à pourvoir.

Grâce à l’intelligence artificielle d’AppyHere et à son algorithme, dès que le système identifie des candidats aptes à occuper un emploi précis, l’entreprise en obtient la liste.

De plus, quand des offres correspondent à ce que recherchent des postulants, ceux-ci reçoivent une notification pour les en aviser.

Ce n’est que lorsqu’un employeur entre en contact avec un candidat intéressant que des frais lui sont imposés.

« Nous tablons sur un prix bas et ne touchons aucune commission à l’embauche, car notre stratégie repose sur le bouche-à-oreille et la viralité pour maximiser les inscriptions », explique Serge Massicotte.

AppyHere sert six secteurs : transport, commerce de détail, restauration, hôtellerie, fabrication et services (sécurité, centres d’appels, santé).

Candidature chaque cinq minutes

Le fondateur est convaincu qu’AppyHere servira autant les grosses sociétés que les PME.

« Nous permettons aux grandes entreprises d’afficher un poste en quelques secondes dans un contexte de haut volume d’embauche et où la gestion de milliers de dossiers de candidatures draine beaucoup d’énergie. Quant aux PME, elles embauchent moins, mais disposent de peu de temps et de ressources internes pour gérer ce volet. Notre outil les soutient au moment du processus de recherche. »

À ses trois premiers mois, plus de 5000 personnes se sont inscrites sur AppyHere, et une vingtaine d’organisations l’emploient déjà, comme CAA-Québec, Lowe’s et Réseau Sélection. Les nouvelles candidatures sont enregistrées à la fréquence d’une toutes les cinq minutes.

Accessible seulement dans la région de Montréal, l’application sera progressivement déployée en Amérique, en commençant par San Francisco ce mois-ci. L’Inde, avec ses multiples centres d’appels, fait partie aussi du plan d’affaires.