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L’artiste devenu président

Dominic Champagne
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Au moment où la crue printanière sème à nouveau la désolation dans plusieurs régions du Québec, l’Ukraine élit un nouveau président, comédien et néophyte en politique, qui entend sortir son pays de la torpeur résultant de la corruption et des conflits armés avec les russophones. La conjoncture ukrainienne me fait imaginer Dominic Champagne à la tête du Québec pour secouer la léthargie de nos dirigeants face à la dégradation de notre environnement. 

À peine relevés des inondations de 2017, des milliers de citoyens québécois revivent à nouveau le drame avec encore plus d’anxiété alors que les autorités anticipent que ce soit pire que la fois précédente. Malgré ces tristes constats, nos dirigeant ne trouvent rien de mieux à proposer que le déménagement loin des rives de ces milliers de citoyens plutôt que de s’attaquer aux sources de ces cataclysmes devenus fréquents. Malheureusement, il y a encore trop de dirigeants qui ne croient pas aux changements climatiques provoqués par l’activité humaine, mais qui voient plutôt un cycle naturel dans toute cette tourmente. 

Pendant que François Legault récite son mantra pour une économie québécoise gonflée à bloc en rêvant d’un oléoduc qui transportera le gaz de schiste albertain obtenu par fragmentation hydraulique jusqu’aux confins du Saguenay, Dominic Champagne s’échine à convaincre nos politiciens de l’urgence d’agir en matière de transition énergétique avant que la dégradation de la planète devienne irréversible. Pour Dominic Champagne, son souci de l’environnement est loin d’être une mode du moment. J’étais encore président de la CSQ lorsque j’ai participé à une manifestation mise en scène par ses bons soins dans le cadre de la Semaine de la Terre. Champagne milite depuis des années pour des énergies propres et une réduction draconienne des GES. 

Faisant fi des certitudes scientifiques, nos politiciens permettent encor,e au nom du développement économique, d’exploiter des énergies polluantes comme le pétrole, les gaz de schiste et le charbon sans véritable plan de transition énergétique. C’est sans compter la prolifération des matières plastiques qui empoisonnent la faune de nos océans et qui s’avèrent cancérigènes pour les humains. Les premiers ministres de l’Ontario, de la Saskatchewan et de l’Alberta veulent que la taxe carbone soit abolie pour pouvoir continuer de polluer sans en assumer les conséquences. Malgré ses airs propres, notre premier ministre Legault est demeuré tiède devant les représentations sur le Pacte pour la transition énergétique signé par près du quart de la population québécoise. Il a manifesté encore moins d’ouverture au projet de loi que lui a fait parvenir Dominic Champagne. 

Pour plusieurs, l’élection du comédien Volodymyr Zelensky à la présidence de l’Ukraine cadrerait dans la vague mondiale anti-élite ou populiste. Toutefois, se pourrait-il que ce soit une simple sanction du peuple ukrainien pour l’incurie de ses gouvernements précédents et que cela corresponde plutôt à la volonté d’élire un candidat qui refuse de maintenir une gouvernance et des politiques publiques qui ne fonctionnent pas. 

Si nous voulons un avenir pour nos enfants, il faudrait peut-être se résoudre à faire comme les Ukrainiens et élire un artiste metteur en scène comme Dominic Champagne qui prendra au sérieux les actions à mener pour sauver la planète!