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Cinq ans de prison pour avoir tué un touriste fraudeur

Carl Morin, Condamné
Photo Agence QMI Carl Morin, Condamné

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Un Montréalais qui a tué d’un coup de poing un fraudeur qui l’avait arnaqué de 50 000 $ a finalement écopé de cinq ans d’incarcération, mardi.

« [L’homicide] se rapproche plus de l’accident », a déclaré le juge James L. Brunton, en refusant d’imposer une plus longue sentence à Carl Morin, mardi au palais de justice de Montréal.

C’est que la Couronne réclamait une peine deux fois plus longue contre ce travailleur de la construction qui s’était fait prendre dans une arnaque de « Black Money » en 2014.

À l’époque, l’accusé de 31 ans avait fait la rencontre d’Éric Saturnin Emenenguene, un touriste français qui était en réalité un fraudeur professionnel. Ce dernier avait fait croire qu’il disposait de beaucoup d’argent, mais que ses billets étaient souillés.

Emenenguene avait alors fait croire qu’il pouvait nettoyer l’argent, mais que le produit nécessaire coûtait cher, si bien qu’il avait besoin d’aide. Morin est tombé dans le panneau et a versé 50 000 $ au fraudeur.

« Carl Morin s’était fait prévenir par un ami qu’il se faisait avoir, mais il ne l’a pas cru », a expliqué le magistrat.

Altercation

Malgré les versements d’argent, Morin n’a jamais rien reçu en retour. Le 7 juillet 2017, il est retourné voir Emenenguene qui réclamait encore plus d’argent après avoir fait croire à de prétendues complications.

Morin et son père sont allés chercher Emenenguene en voiture, mais une dispute a éclaté durant le trajet. Le fraudeur a alors mordu Morin, et ce dernier a répliqué en lui assénant un coup de poing qui s’est avéré fatal.

Et plutôt que d’appeler la police, Morin s’est débarrassé du corps dans un champ, à Sainte-Mélanie dans Lanaudière. Le corps décomposé a été retrouvé un an plus tard, par un cueilleur de petits fruits.

Accusation réduite

Morin était d’abord accusé de meurtre au premier degré. Les avocats de la défense Martin Latour et Marylie Côté ont réussi à faire diminuer le chef à celui d’homicide involontaire. C’est à cette accusation qu’il a plaidé coupable, en plus d’une autre d’outrage à un cadavre.

En rendant sa sentence, le juge a rappelé la gravité de l’outrage à un cadavre, mais il n’a pas retenu l’argument de la Couronne voulant qu’en acceptant de donner de l’argent au fraudeur, Morin avait fait preuve d’une « morale élastique ».

Il a également pris en compte le fait que Morin avait un travail qui l’attendait, une fois qu’il sera sorti de prison.

Compte tenu de la détention préventive, Morin aura terminé de purger sa peine dans un peu plus d’un an et trois mois.