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Des médecins veulent qu’on s’attaque aux superbactéries

Le gouvernement doit mieux surveiller ces microbes résistants aux antibiotiques

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Les médecins spécialistes du Québec appellent le gouvernement à agir rapidement pour s’attaquer à la résistance des bactéries aux antibiotiques, qui « menace la santé humaine telle qu’on la conçoit aujourd’hui ».

Dre Diane Francœur, présidente FMSQ.
Photo d’archives, Simon Clark
Dre Diane Francœur, présidente FMSQ.

« [...] Les antibiotiques ont littéralement modifié le visage de la médecine moderne. Sans ces molécules, il serait quasiment impossible d’administrer de la chimiothérapie, de faire des transplantations d’organes, des chirurgies complexes, d’insérer des prothèses, des valves dans le corps humain et tant d’autres choses », plaide le Dr Karl Weiss, président de l’Association des médecins microbiologistes-infectiologues du Québec (AMMIQ).

Il cosigne une lettre ouverte, avec la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), la Dre Diane Francœur, à la suite de la publication, samedi, d’un reportage du Journal sonnant l’alerte à propos des superbactéries.

Dr Karl Weiss, président AMMIQ.
Photo d’archives
Dr Karl Weiss, président AMMIQ.

Le Journal rapportait que depuis cinq ans, 197 Québécois sont morts après avoir été infectés par une des bactéries résistantes surveillées par le ministère de la Santé (MSSS).

Mais ce fléau pourrait devenir plus meurtrier que le cancer d’ici 2050.

La menace est liée à une trop grande utilisation des antibiotiques ces dernières années.

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Les médecins déplorent notamment qu’un document de l’Institut national de santé publique du Québec publié en 2014 plaidant pour une surveillance intégrée de la résistance aux antibiotiques soit resté lettre morte pour les élus.

« Le Québec doit aller de l’avant et mettre en œuvre ce que plusieurs pays ont déjà fait, notamment avec le dossier médical électronique qui est implanté tant dans les cabinets que [dans] les hôpitaux », écrivent-ils.

En entrevue, le Dr Weiss répète qu’une structure doit assurer la gestion, le suivi et le contrôle de la résistance aux antibiotiques, à l’image de celle qui existe déjà pour surveiller les infections dans les hôpitaux, comme pour le C. difficile.

« On ne connaît pas bien l’utilisation des antibiotiques en temps réel », ajoute le médecin, qui se dit préoccupé par la situation actuelle.

« Les antibiotiques sont notamment prescrits à 75 % dans les cabinets de médecins, dit-il.

Selon lui, un outil devrait permettre aux médecins, pharmaciens et infirmières praticiennes de connaître le taux de résistance à une bactérie afin de limiter la prescription inutile d’antibiotiques, par exemple.

L’objectif est de préserver des médicaments qui pourraient devenir inefficaces dans cinq ou 10 ans si la résistance continue de croître.