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Laurent Beaudoin dit adieu à l’entreprise de J.-A. Bombardier

La famille Bombardier a empoché 863 millions de dollars grâce à BRP depuis 2013

BRP
Photo d’archives, Philippe Orfali Laurent Beaudoin, président du CA de BRP depuis décembre 2003, photographié lors de l’assemblée annuelle de juin 2017, à Valcourt.

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Cinquante-cinq ans après avoir pris la relève de Joseph-Armand Bombardier, Laurent Beaudoin quittera le conseil d’administration de Bombardier Produits récréatifs (BRP) le mois prochain. L’entreprise de Valcourt aura permis aux descendants de l’inventeur de la motoneige d’empocher près d’un milliard de dollars depuis 2013.

« Laurent Beaudoin est le plus grand bâtisseur de l’économie québécoise dans le domaine manufacturier », estime Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance.

À la mort de M. Bombardier, en 1964, M. Beaudoin a pris les commandes de L’Auto-Neige Bombardier et a rapidement diversifié l’entreprise, d’abord dans le secteur ferroviaire, puis dans l’aéronautique.

En décembre 2003, la famille Bombardier a racheté la division des produits récréatifs de Bombardier avec la firme américaine Bain Capital et la Caisse de dépôt.

L’acquisition de 35 % de BRP a été une excellente décision : les 336 millions $ investis alors valent aujourd’hui plus de 2 milliards $, dont 863 millions $ encaissés au comptant par le biais de ventes d’actions et de dividendes.

Ce gain de plus de 1,7 milliard $ a plus que compensé la baisse de 700 millions $ enregistrée par la participation de la famille dans Bombardier (matériel roulant et aéronautique) depuis la fin de 2003.

Entorse aux règles de gouvernance

À l’aube de ses 81 ans, Laurent Beaudoin cédera son siège d’administrateur de BRP à son fils Pierre, président du conseil et ancien PDG de Bombardier. C’est toutefois le PDG de BRP, José Boisjoli, qui succédera à M. Beaudoin comme président du conseil de l’entreprise. Michael Hanley, qui est au conseil de BRP depuis 2012, deviendra « administrateur principal » et représentera les intérêts des petits actionnaires.

Il aurait été préférable que BRP ne nomme pas son PDG au poste de président du conseil, note M. Nadeau.

« Le conseil supervise les hauts dirigeants, alors vous ne pouvez pas être à la fois le PDG, soit le numéro 1 des supervisés, et diriger le conseil des superviseurs, explique l’expert en gouvernance. C’est pour ça qu’habituellement, le cumul [des postes de PDG et de président du conseil] n’est pas une bonne pratique. »

Hausse de la rémunération

Dans la circulaire publiée en vue de l’assemblée annuelle de BRP, qui aura lieu le 30 mai à Valcourt, on apprend par ailleurs que la rémunération de M. Boisjoli a augmenté de 12 % l’an dernier pour atteindre 8,8 M$.

Le Français Bertrand Thiébaut, qui a quitté à la fin novembre la présidence de la division des sports motorisés après moins de 10 mois en poste, a gagné 5,5 M$ pendant cette période, dont 2 M$ en paiements divers (prime d’embauche, frais de relocalisation et une somme de 774 000 $ liée à la « cessation de son emploi »).

En excluant ce qu’a reçu M. Thiébaut, la rémunération totale des cinq plus grands patrons de BRP a atteint 15,3 M$ en 2018, en hausse de 16 % par rapport aux 13,2 M$ attribués un an plus tôt.

 

L’investissement payant des Bombardier dans BRP

  • Dividendes reçus en 2013: 188 millions $
  • Actions vendues en 2017 et 2018: 657 millions $
  • Dividendes reçus en 2017 et 2018: 18 millions $
  • Total encaissé au comptant: 863 millions $
  • Valeur des actions restantes: 1,2 milliard $
  • Valeur totale: 2,1 milliards $
  • Prix d’achat de la participation de 35 % en 2003: 336 millions $
  • Gain net: 1,7 milliard $