/world/usa
Navigation

Le sort de la fausse héritière Anna Sorokin entre les mains d’un jury new-yorkais

Le sort de la fausse héritière Anna Sorokin entre les mains d’un jury new-yorkais
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Jeune innocente qui a menti pour percer à New York, ou voleuse effrontée méritant la prison? Un jury new-yorkais a commencé à délibérer mardi du sort de la fausse héritière germano-russe Anna Sorokin, dont l’histoire devrait bientôt être transposée à l’écran. 

« Dans une ville qui favorise l’argent et l’apparence de l’argent », Anna Sorokin, 28 ans, devait s’inventer un passé doré pour se « créer des opportunités », a défendu dans sa plaidoirie finale son avocat Todd Spodek, comparant la jeune femme à Frank Sinatra à des débuts. 

Grâce à d’habiles mensonges et un aplomb étonnant, la jeune femme, sans un sou, a obtenu des dizaines de milliers de dollars de prêts de plusieurs banques, voyagé gratuitement en avions privés et vécu des mois dans des hôtels de luxe de Manhattan, sans jamais payer la note, selon les procureurs new-yorkais. 

Fille d’un chauffeur routier russe ayant migré en Allemagne lorsqu’elle avait 16 ans, cette jeune femme aux longs cheveux châtains et au visage angélique avait même essayé d’obtenir un prêt de 22 millions de dollars pour lancer un club privé à Manhattan. 

Elle qui fréquentait la jetset et portait des vêtements de grands couturiers avait finalement été arrêtée en octobre 2017 et incarcérée dans la célèbre prison de Rikers Island, confrontée à 10 chefs d’accusation de fraude et de vol de 275.000 dollars. 

Elle voulait juste « gagner du temps », a lancé Todd Spodek aux jurés. Son comportement était « peu orthodoxe, peu éthique, (...) mais c’est la vie qu’elle avait choisie ». 

Comme lorsqu’elle avait « invité » son amie photographe Rachel Williams, du magazine Vanity Fair, à « La Mamounia » de Marrakech, célèbre palace à 7.000 dollars la nuit, lui laissant la note à payer: 62.000 dollars, soit bien plus que le salaire annuel de l’éditrice.  

Selon l’avocat, l’opportuniste dans l’histoire était non Mme Sorokin, mais la photographe, qui a vendu l’histoire à Vanity Fair puis à l’éditeur Simon & Schuster, et en a cédé les droits à la chaîne HBO pour en faire une série télévisée. 

La procureure Catherine McCaw a appelé les jurés à déclarer Anna Sorokin coupable, soulignant tous les « mensonges » de l’accusée, qui risque 15 ans de prison en cas de condamnation.  

« Les preuves sont accablantes », a affirmé la procureure, pointant sur un écran tous les documents falsifiés retrouvés sur l’ordinateur de la jeune femme. 

Anna Sorokin, en petite robe de dentelles blanches, a gardé la tête baissée pendant presque toutes les plaidoiries.