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Les verts échouent à marquer l'histoire à l’Île-du-Prince-Édouard

Les verts échouent à marquer l'histoire à l’Île-du-Prince-Édouard
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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CHARLOTTETOWN, Î.-P.-É. – Pourtant donnés grands gagnants dans les derniers sondages, les verts ont échoué à marquer l'histoire politique canadienne à l'Île-du-Prince-Édouard, où les conservateurs ont déjoué les pronostics pour remporter les élections provinciales mardi soir.

Le Parti progressiste-conservateur détenait 37 % des voix à 20 h 45, ce qui lui permettait de mettre la main sur 12 circonscriptions. Pour leur part, les verts (30,6 %) et les libéraux (29,1 %) obtenaient respectivement neuf et cinq circonscriptions.

Les conservateurs formeront donc un gouvernement minoritaire, eux qui devaient obtenir 14 sièges sur 27 pour former une majorité. Ils succéderont aux libéraux, qui détenaient un gouvernement majoritaire. Les libéraux dirigeaient les destinées de la province depuis 2007.

Pour sa part, le Parti vert a échoué à former le premier gouvernement vert de l'histoire du Canada. Il s'agit toutefois d'un bond de géant pour ce parti, qui avait obtenu 10,8 % du vote et un seul siège aux dernières élections, en 2015.

Main tendue

Le chef du Parti progressiste-conservateur n'a pas perdu de temps pour parler d'unité, lui qui aura besoin de l'appui d'au moins un des deux autres partis pour gouverner. «Les Prince-Édouardiens veulent que nous travaillions ensemble. Nous voulons discuter de bonnes idées, peu importe d'où elles viennent. Nous prêchons pour cela depuis six mois. C'est ce que nous voulons amener à l'Assemblée législative», a commenté le chef du Parti progressiste-conservateur, Dennis King, en entrevue à CBC News.

«Je n'ai jamais ressenti autant de joie et de peine à la fois», a pour sa part commenté le chef des verts, Peter Bevan-Baker, en évoquant les résultats de la soirée et le décès du candidat vert Josh Underhay au cours de la campagne électorale.

M. Bevan-Baker a aussi évoqué une journée «d'espoir», en se réjouissant des résultats et du fait que son parti ait obtenu «de loin, le plus grand nombre de sièges jamais remporté par un Parti vert au Canada».

Pour leur part, les libéraux se retrouvent dans la deuxième opposition, tandis que le premier ministre Wade MacLauchlan a été battu dans sa propre circonscription. «Les électeurs ont fait un choix. C'est quelque chose qui arrive en politique», a-t-il commenté en point de presse.

«J'apprécie l'opportunité d'avoir servi comme premier ministre pour ces quatre ans et d'avoir amené à l'avant des politiques, je dirais, progressistes», a-t-il ajouté en s'exprimant en français.

Sondages dans l'erreur

La défaite des verts porte un dur coup aux sondeurs. Jeudi dernier, la firme MQO Research octroyait 40 % des intentions de vote à ce parti, contre seulement 29 % aux conservateurs et 26 % aux libéraux.

Un autre coup de sonde, cette fois commandé par le journal «The Guardian», indiquait que les verts étaient en tête avec 35 % des intentions de vote, toujours devant les conservateurs (32 %), les libéraux (29 %) et le NPD (3 %).

La défaite des libéraux représente un nouveau recul sur la scène nationale pour ce parti. En effet, dans les dernières années, les gouvernements libéraux provinciaux de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick sont tous tombés, un après l'autre.

En revanche, les conservateurs gagnent un nouvel allié, une semaine à peine après que le NPD eut été défait en Alberta par le Parti conservateur uni de Jason Kenney.

Alerte à la bombe et décès

Le déroulement de la campagne électorale a été marqué par le décès tragique du candidat vert Josh Underhay, qui est mort vendredi dernier avec son fils lors d'un accident de canot. Une élection partielle devra d'ailleurs être tenue dans sa circonscription de Charlottetown–Hillsborough Park dans les mois à venir.

Par ailleurs, les électeurs de la circonscription de Stratford–Keppoch n'ont pu voter pendant une partie de l'après-midi en raison d'une alerte à la bombe dans un bureau de scrutin. Le vote a toutefois pu reprendre après une rapide enquête de la Gendarmerie royale du Canada.

Par conséquent, les citoyens ont eu droit à une demi-heure de plus que prévu pour voter, si bien que les résultats sur l'île ont été dévoilés à partir de 19 h 30, heure locale, soit 30 minutes plus tard que prévu.

Référendum

En parallèle, les électeurs ont choisi de rejeter, par référendum, la possibilité de changer de mode de scrutin.

Les citoyens devaient décider s'ils désiraient conserver l'actuel système uninominal à un tour ou adopter un mode de scrutin proportionnel mixte.