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Attention, poison!

Le Musée de la civilisation explore les usages du poison

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Il peut tuer, il peut guérir, selon la dose. Précieux remède ou arme redoutable, le Musée de la civilisation explore l’univers vaste et intrigant du poison avec Venenum, un monde empoisonné, à travers un parcours de 400 objets, mais surtout de nombreux animaux vivants ou naturalisés.

Pour les besoins de la cause, jamais le musée n’avait hébergé entre ses murs autant d’espèces vivantes. En collaboration avec l’Aquarium de Québec, une cinquantaine de bestioles d’une quinzaine d’espèces y ont élu domicile, nécessitant la formation d’une équipe qui les nourrit et veille à ce que leur habitat reste adéquat... jusqu’au 8 mars 2020.

L’exposition se divise en cinq zones. La visite s’ouvre avec une série de tableaux animés qui racontent l’utilisation des poisons dans l’histoire et la culture, de Cléopâtre, qui s’est donné la mort en se faisant volontairement mordre par un serpent, en passant par Spiderman et Blanche-Neige.

On y retrouve aussi une bague à chaton datant de la Seconde Guerre mondiale, qui contenait une capsule de cyanure devant être croquée par un soldat en cas de capture, pour ainsi éviter de parler sous la torture.

C’est dans la deuxième section de l’exposition, intitulée Venins et toxines, qu’on peut observer méduses, oursins, rascasses volantes, rainettes jaguar – aussi appelées grenouilles tueuses –, ainsi que la plus grosse mygale observée dans l’Ouest américain et le Monstre de Gila, un des deux seuls lézards venimeux connus en Amérique du Nord.

Usage criminel et médicinal

Le monde du toxique, « ce n’est pas juste animal et végétal », précise la chargée du projet, Anick Dorion-Coupal, qui a intégré à l’exposition des minéraux qui contiennent des éléments chimiques tels l’arsenic, le plomb et l’amiante.

Puis, on y découvre comment l’humain a fait usage du poison à des fins guerrières, mais aussi dans les cosmétiques (il existait dans les années 1920 des produits de beauté au radium) et dans le domaine pharmacologique. « Les sociétés humaines ont toujours su tirer parti du poison », souligne Mme Dorion-Coupal, devant une apothicairerie.

Le plastique, poison moderne

L’exposition se termine sur la révolution chimique du 20e siècle, abordant le fléau de la quantité de plastique qu’on trouve sur la terre, un poison « moderne ».

Cinq panélistes se prononcent sur les différents enjeux à travers une installation vidéo. Un costume fait à partir de bouteilles de plastique, qui avait été utilisé dans le cadre d’Où tu vas quand tu dors en marchant...?, est exposé sur une petite scène pour faire écho au mur d’écrans.

Une grande partie des 400 objets qui meublent l’exposition proviennent du Musée des Confluences, à Lyon. Le Musée de la civilisation a de nouveau élevé d’un cran l’innovation technologique de sa muséographie, en faisant appel à Rodeo FX, firme d’effets visuels qui a travaillé sur Game of Thrones, entre autres.


► L’exposition Venenum, un monde empoisonné se déroule jusqu’au 8 mars 2020.