/news/health
Navigation

Le nouveau PDG du CHU de Québec veut éliminer le temps supplémentaire obligatoire

Le nouveau PDG du CHU de Québec veut éliminer le temps supplémentaire obligatoire
Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Les infirmières du CHU de Québec peuvent espérer souffler un peu, alors que le nouveau PDG, Martin Beaumont, assure qu’il fera de l’élimination du temps supplémentaire obligatoire une priorité.

En poste depuis 68 jours, l’ancien PDG du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec s’est donné comme premier objectif d’améliorer la qualité de vie «personnelle et professionnelle de tous les intervenants au CHU». Une mesure liée de près au temps supplémentaire et temps supplémentaire obligatoire (TSO) des employés, admet-il.

Sonder les employés

Lors d’un point de presse mercredi matin, M. Beaumont a confirmé qu’une vaste campagne de consultation était en cours depuis près de trois semaines auprès de tous les employés, dans le but de trouver des alternatives au TSO. Ainsi, les infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires pour ne nommer que ceux-là, peuvent soumettre leurs propositions à la direction par textos ou par courriels.

D’ici deux semaines, les «ambassadeurs » représentants chaque unité de soins rencontreront la haute direction pour proposer leurs idées. «C’est à ce moment que nous annoncerons les décisions qui ont été prises notamment concernant la planification des horaires, des projets d’horaire de 12 heures et des ententes pour les congés nordique (les infirmières qui quittent temporairement pour aller travailler dans le Nord-du-Québec)», a énuméré celui qui succède à Gertrude Bourdon.

M. Beaumont a par ailleurs admis que la récente manifestation des infirmières, qui ont refusé de faire du temps supplémentaire le 8 avril dernier, a été «prise très au sérieux».

Lors de cette journée, le PDG affirme que toutes les formations ont été annulées et que des cadres ont été appelés à travailler lors de quarts de jour, de soir et de nuit pour diminuer au maximum le temps supplémentaire. Malgré tout, le CHU a été forcé d’ordonner à deux inhalothérapeutes de rester en TSO.

Rétention du personnel

En améliorant les conditions de travail des employés, M. Beaumont souhaite améliorer la rétention du personnel, admettant du même souffle que la profession semble attirer de moins en moins de jeunes. «C’est extrêmement préoccupant [...] La quantité d’infirmières qui quittent après cinq ans de pratique, c’est incroyable!» a-t-il lancé.

Actuellement, le CHU de Québec a un manque à gagner de 300 infirmières, 250 préposés aux bénéficiaires et 20 pharmaciens.

Liste d’attente

Le nouveau PDG fait aussi des listes d’attente en chirurgie son cheval de bataille. Il souhaite ainsi faire passer le délai maximum d’attente à six mois, même s’il s’agit d’une «grosse bouchée», admet-il. Grâce à un recensement des temps d’attente, M. Beaumont souhaite rendre publics les délais moyens d’attente pour chaque spécialité, dès le mois de septembre. «Les plus gros enjeux que nous avons actuellement, ce sont les patients qui sont en attente de 3 à 8 mois», affirme-t-il.

Déficit

Par ailleurs, M. Beaumont prévoit un déficit budgétaire de près de 24M$ cette année, le «premier en dix ans», notamment en raison de l’arrivée de nouveaux traitements couteux, qui se chiffrent à près de 13 M$. Le PDG cite en exemple le Spiranza, un nouveau médicament qui traite certaines maladies neurodégénératives, qui coute près de 1M$ par traitement. Actuellement, 23 enfants et 25 adultes sont en attente de ce traitement au sein du CHU de Québec.

Quelques chiffres

♦ 1568 embauches en 2018-2019 au CHU de Québec 

♦ 1425 départs. De ce nombre, 271 étaient des départs à la retraite

♦ Les secteurs en manque d’effectifs

  • Hémato-oncologie
  • Pédiatrique
  • Physiatrie
  • Génétique

♦ Nombre d’infirmières au sein du CHU de Québec: 4369