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Repêchage de la NFL: les joueurs défensifs prêts à voler le spectacle

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NASHVILLE | Pour une rare fois lors du repêchage de la NFL, les joueurs défensifs risquent de voler la vedette à ceux qui héritent habituellement de toute l’attention, les quarts-arrières et autres vedettes offensives. En pleine capitale du country à Nashville, ce sont ces monstres qui s’annoncent comme les nouveaux shérifs en ville. 

Bon an mal an, de 20 à 25 joueurs se déplacent au repêchage, soit les plus susceptibles d’être sélectionnés en première ronde, le jeudi soir. Cette année, des 22 invités à Nashville, 10 sont des joueurs défensifs et plusieurs autres devraient entendre leur nom résonner sur la célèbre rue Broadway. 

En plus des trois quarts-arrières sur place (Kyler Murray, Drew Lock et Daniel Jones), seulement deux receveurs éloignés (DK Metcalf et Marquise Brown) et un seul porteur de ballon (Josh Jacobs) ont fait le voyage. 

Si certaines années, les joueurs défensifs invités sont comme une arrière-pensée, ils se retrouvent cette fois à l’avant-plan dans une cuvée que plusieurs considèrent potentiellement comme l’une des meilleures classes défensives de l’histoire. 

«Ça fait du bien de recevoir un peu d’amour et de reconnaissance en défensive. Nous sommes honorés et c’est définitivement une année unique. Nous sommes tous ensemble là-dedans et personne ne s’envie. On voudrait que chacun obtienne le succès escompté», a constaté l’ailier défensif Nick Bosa, de Ohio State, qui sera visiblement sélectionné dans le top 3. 

Nick Bosa
Photo d'archives, AFP
Nick Bosa

Ligne défensive à l’honneur 

Si le quart-arrière Kyler Murray demeure le favori pour être le tout premier joueur choisi par les Cardinals de l’Arizona, Bosa ou le plaqueur Quinnen Williams pourraient brouiller les cartes. 

Quinnen Williams
Photo d'archives, AFP
Quinnen Williams

Chez les joueurs à l’extrémité de la ligne défensive, pas moins de huit joueurs peuvent être étiquetés comme choix potentiels de première ronde (Nick Bosa, Josh Allen, Brian Burns, Clelin Ferrell, Montez Sweat, Rashan Gary, Jachai Polite et Jaylon Ferguson). À l’intérieur de la ligne, six d’entre eux pourraient aussi être élus (Quinnen Williams, Ed Oliver, Christian Wilkins, Dexter Lawrence, Jeffery Simmons et Jerry Tillery). 

«Ce sera un repêchage défensif, point final! C’est fou de constater qu’on parlait déjà de cette cuvée il y a trois ans quand plusieurs parmi nous terminions le secondaire. Je ne pensais jamais voir le jour où la perception à l’égard du repêchage allait changer, mais aujourd’hui je suis fier d’être associé à cette année où la défensive prend sa place», a mentionné le plaqueur de Houston, Ed Oliver. 

Ed Oliver
Photo d'archives, AFP
Ed Oliver

L’effet Aaron Donald 

Pour les espoirs présents, nul doute que les récents succès du plaqueur indestructible des Rams, Aaron Donald, nommé joueur défensif de l’année en 2017 et 2018, ont largement contribué à modifier la perception des équipes quant aux positions clés. 

Les défensives souhaitent de plus en plus appliquer la pression de l’intérieur du front, ce qui engendre une nouvelle ruée vers les plaqueurs. 

«C’est cool! On dirait que les quarts-arrières sont toujours l’attraction numéro un, mais des joueurs comme Aaron Donald ont bouleversé les standards», a affirmé Williams, le monstre de l’Alabama. 

«Les joueurs de cette cuvée défensive ont l’opportunité de continuer d’élever les standards parce que des joueurs comme Donald ont pavé la voie en prouvant qu’il est possible de générer du chaos, peu importe la taille ou la position.» 

Avant d’élever ces espoirs au rang d’immortels, encore faudra-t-il qu’ils produisent dans la NFL. Pour l’instant, les cuvées de joueurs de front défensif comme celles de 1981 (Lawrence Taylor, Dexter Manley, Howie Long) et de 1985 (Chris Doleman, Bruce Smith, Kevin Greene) demeurent la norme d’excellence. 

Des sceptiques à confondre 

Les quarts-arrières défendent leur cuvée 

Drew Lock a lancé 99 passes de touché contre 39 interceptions à l’université du Missouri, mais il n’a complété que 56,9 % de ses passes.
Photo d'archives, AFP
Drew Lock a lancé 99 passes de touché contre 39 interceptions à l’université du Missouri, mais il n’a complété que 56,9 % de ses passes.

Si la présente cuvée de quarts-arrières ne semble pas alléchante aux yeux d’une vaste majorité d’analystes chevronnés du repêchage, les éventuels élus n’attendent que leur occasion de prouver qu’il s’agit d’une grossière erreur d’évaluation. 

Tandis que Kyler Murray (Oklahoma), principal visage de la classe actuelle de quarts-arrières, brillait par son absence, les deux autres présents ont rencontré les médias. 

Murray devait à l’origine être sur place et en découdre lui aussi avec les questions, mais son absence n’a pas été justifiée. Pour sa part, Dwayne Haskins (Ohio State) n’a pas accepté l’invitation de la NFL et ne sera pas présent au repêchage. 

Pendant ce temps, Drew Lock (Missouri) et Daniel Jones (Duke) se sont donc improvisés porte-parole et défenseurs d’une cuvée mal aimée. 

«J’essaie de ne pas penser à ce genre de choses. Je crois au contraire que les quarts de cette cuvée sont de bons joueurs. Jamais je ne dirais que cette cuvée est faible. Tout le monde a droit à son opinion et il y a peut-être trop de gens qui analysent le repêchage. On n’y peut rien, mais je suis assurément confiant en mes moyens», a lancé Jones. 

En voilà un dont le destin semble imprévisible, puisque plusieurs estiment qu’il sera choisi en première ronde, mais d’autres croient qu’il pourrait glisser. 

«C’est bizarre de penser que demain [jeudi], ma vie va changer. Ça fait des mois que je suis dans le processus du repêchage, sans vraiment savoir ce qui va se passer en fin de compte. C’est un sentiment étrange, mais c’est excitant. Jouer dans la NFL est un rêve, peu importe l’équipe et le rang où tu es choisi», a dit celui qui est reconnu comme un joueur calme et cérébral, mais dont la puissance du bras sème toutefois le doute. 

Lock en confiance 

Drew Lock en est un autre qui polarise les opinions. Là où certains voient un joueur expérimenté, doté d’un bras canon et d’un leadership hors pair, d’autres perçoivent un manque global de précision. 

Tout comme Jones, il rejette la perception voulant que la cuvée de 2019 laisse à désirer. 

«Je suis sûr que ça me mettrait dans tous mes états si j’écoutais ce genre de trucs. Je ne suis définitivement pas payé pour être analyste et je vais m’en tenir à ce que je sais faire, soit jouer comme quart-arrière. 

«Je pourrais parler de la puissance de mon bras ou de mes capacités athlétiques, mais mon principal atout, c’est que je viens de passer quatre saisons comme quart-arrière partant. Tu vis des hauts et des bas en quatre ans. J’ai connu deux entraîneurs-chefs et trois coordonnateurs offensifs. L’adversité ne peut que m’aider et j’espère que les décideurs en prendront note», a-t-il ajouté. 

Dans les dernières années, des cuvées de quarts-arrières étant considérées comme faibles ont donné des résultats différents. 

En 2011, pas moins de quatre quarts sortaient néanmoins dans le top 12 (Cam Newton, Jake Locker, Blaine Gabbert et Christian Ponder) et un seul évolue toujours comme partant. 

La classe de 2017 était aussi accompagnée de sérieux doutes, mais Mitchell Trubisky (Bears), Patrick Mahomes (Chiefs) et Deshaun Watson (Texans) semblent sur la bonne voie. 

En mode party 

Certains diront que Nashville est constamment en mode party, mais des festivités monstres se préparent sur Broadway. La célèbre rue abritant d’innombrables bars country est plongée dans le repêchage de la NFL avec une immense scène dressée au coin de Broadway et de la 1st Avenue, où les espoirs défileront lorsqu’ils seront sélectionnés. Des écrans géants ont aussi été installés à différents endroits, si bien que la ville s’attend à ce que plus de 100 000 personnes envahissent les lieux. D’autres scènes sont aussi aménagées pour des concerts extérieurs. Reste à voir si l’ambiance festive attendue prévaudra malgré la flotte attendue. Le repêchage à New York, Chicago, Philadelphie ou Dallas, c’est un événement. À Nashville, c’est le party! 

Encore des controverses 

La tenue du repêchage dans une ville avec la présence du grand cirque de la NFL amène inévitablement son lot de controverses. Si les amateurs de partout convergent vers la ville hôtesse et se réjouissent de faire partie de la fête, les locaux y voient davantage les inconvénients liés aux rues bloquées et aux problèmes de circulation, surtout dans un centre-ville compact comme à Nashville. Le prix pour obtenir l’événement, évalué autour de 3 millions $, en fait aussi sourciller certains, même si la Ville assure que les visiteurs y dépenseront entre 5 et 10 millions $ jusqu’à samedi. L’autre tollé est venu de la décision de déraciner et de bouger 10 cerisiers matures en floraison afin d’aménager une scène pour la NFL. Une pétition contre cette décision a même gagné la faveur de dizaines de milliers de citoyens. 

Pas de commentaires sur Trump 

En plus d’être l’un des espoirs les plus convoités cette année, au point d’être souvent identifié comme le meilleur joueur disponible, l’ailier défensif Nick Bosa n’a pas la langue dans sa poche. Si bien que via son compte Twitter, il a souvent louangé le président américain Donald Trump. Ses opinions politiques bien personnelles ont soulevé la grogne, au point où il a décidé de supprimer de vieux messages. Mercredi, Bosa a dû revenir sur ses écrits. «Je me prépare pour le repêchage et Twitter ne me préoccupe plus. Les gens qui me connaissent savent qui je suis réellement et je vais garder mes opinions pour moi, dorénavant», s’est-il exprimé.