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Cuisine en folie

«Rashomon» est inventif et divertissant

Rashomon
Photo Courtoisie, Cath Langlois Les comédiens recréent, par leur jeu, la manipulation d’objets et un énorme plaisir, le film Rashomon du réalisateur japonais Akira Kurosawa.

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Il y a toujours énormément d’action dans la cuisine d’un restaurant. Les objets habituellement utilisés pour préparer les plats et faire le service ont une toute nouvelle vie dans Rashomon.

Présentée jusqu’au 7 mai, par Premier Acte, dans les locaux du restaurant La Cuisine, la pièce Rashomon est un savoureux délice qui a très bon goût.

La compagnie La Trâlée propose une belle petite bulle de bonheur dans la dernière ligne droite de cette saison théâtrale.

Rashomon
Photo Courtoisie, Cath Langlois

Rashomon est un spectacle qui mélange, habilement, théâtre traditionnel et théâtre d’objets.

L’histoire commence à la fermeture d’un restaurant asiatique. Les employés parlent de leur journée et constatent que le couteau préféré du patron a disparu.

On le cherche sans le trouver. Les versions des employés, qui ont tous vu l’objet de cuisine, ne concordent pas.

L’un des serveurs fait un lien avec le film Rashomon, réalisé en 1950 par le cinéaste japonais Akira Kurosawa. Un long métrage dans lequel un bûcheron, un moine et un vagabond ont des versions différentes d’un procès où un homme est accusé d’avoir assassiné un samouraï et violé sa conjointe Masako.

Ce procédé de scénarisation, où des versions contradictoires d’un même événement sont présentées, a fait école et porte le nom d’effet Rashomon.

Original et drôle

Et tout à coup, le long métrage se déploie devant la quarantaine de spectateurs admis à chaque représentation.

Les carafes, baguettes chinoises, grains de riz, serviettes, ouvre-bouteilles, râpes à fromage, couteaux et autres objets de cuisine sont utilisés pour devenir des personnages et des éléments de décor.

Les branches d’un pied de céleri, tranchées, deviennent des arbres pour recréer une forêt. L’inventivité et l’ingéniosité sont au rendez-vous.

Rashomon
Photo Courtoisie, Cath Langlois

Derrière le comptoir, les Nicola Boulanger, Paul Fruteau de Laclos, Nadia Girard Eddahia, Amélie Laprise, Jocelyn Paré et Guillaume Pépin jouent et manipulent les différents objets.

L’un des plaisirs est de se retrouver très près de l’action et des six comédiens.

Rashomon est, par son inventivité, l’objet théâtral le plus original de cette saison 2018-2019, qui est sur le point de se terminer, avant la présentation du Carrefour international de théâtre. C’est imaginatif, amusant et immensément drôle.

Les places pour Rashomon se sont toutes envolées rapidement. Il reste encore quelques sièges pour la supplémentaire du 28 avril à 15 h.