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Inondations: des semaines avant de revoir Sainte-Marie sur pied

Les eaux de la rivière Chaudière ont commencé à se retirer, révélant l’ampleur des dégâts

Il y avait beaucoup d’effervescence sur l’avenue Saint-Patrice à Sainte-Marie, hier.
Photo Stevens LeBlanc Il y avait beaucoup d’effervescence sur l’avenue Saint-Patrice à Sainte-Marie, hier.

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SAINTE-MARIE | La décrue de la rivière Chaudière s’est poursuivie, mercredi, en Beauce, et le niveau de l’eau qui descend tranquillement dévoile de plus en plus l’ampleur des dégâts causés par la rivière déchaînée. Les Beaucerons ne sont pas au bout de leurs peines.

Bien que l’inventaire complet des dommages ne soit pas encore connu, les autorités s’attendent à de bien mauvaises surprises dans les semaines à venir.

«Ce que l’on a vu, ce sont de gros dégâts. Des maisons ont bougé. On a beaucoup de travail pour remettre Sainte-Marie à jour», indique le maire, Gaétan Vachon.

Normalement, lors des inondations, la municipalité est «repartie» en une semaine, mais ce ne sera pas le cas cette année.

«Ça va prendre quelques semaines. Il y a des secteurs de route à refaire», ajoute le maire.

«Il est trop tôt pour constater tous les dommages et l’heure n’est vraiment pas au bilan. On n’a pas le temps et nos équipes non plus.»

Yannick Vallée a déjà commencé la démolition de l’intérieur d’un de ses logements.
Photo Stevens LeBlanc
Yannick Vallée a déjà commencé la démolition de l’intérieur d’un de ses logements.

De gros dégâts

Mercredi, la circulation sur le boulevard Larochelle était surveillée de très près, alors qu’un imposant trou, invisible à l’œil à cause de l’eau, s’est formé dans la chaussée.

L’avenue Saint-Patrice est également devenue inaccessible en journée mercredi, puisque plusieurs maisons, soulevées par l’eau, représentaient un danger à cause de leur instabilité.

Une vente perdue

Il a pu compter sur l’aide de son frère Sylvain qui remplit la pelle d’un tracteur avec des déchets de démolition et des meubles contaminés.
Photo Stevens LeBlanc
Il a pu compter sur l’aide de son frère Sylvain qui remplit la pelle d’un tracteur avec des déchets de démolition et des meubles contaminés.

Un peu partout dans la ville, les sinistrés s’affairaient au nettoyage. La fatigue commence à se faire sentir de plus en plus.

Lucie Gauthier et Maxime Moreau ont tenté, du mieux qu’ils pouvaient, de nettoyer la maison qu’ils venaient de vendre.

«Elle était vendue, mais là, on ne la vendra plus. Le monsieur ne rachètera pas ça», laisse tomber la dame. Son conjoint et elle ne comptent pas y retourner non plus. « On ne retournera pas là. On s’en va, c’est fini », poursuit Mme Gauthier.

Elle aimerait bien rester à Sainte-Marie, hors de la zone inondable, mais elle doute d’y parvenir. «Tout le monde veut partir ; des condos, des logements ou des appartements, bien des gens en cherchent, il n’y aura rien nulle part», avance-t-elle.

Deux personnes récupéraient des électroménagers qui ont baigné dans l’eau.
Photo Stevens LeBlanc
Deux personnes récupéraient des électroménagers qui ont baigné dans l’eau.

Par ailleurs, une autre mauvaise nouvelle s’est abattue sur la tête de quelques centaines de travailleurs. La direction de l’usine Vachon de Sainte-Marie a confirmé une fermeture qui pourrait durer de trois à huit semaines.

La porte-parole Sylvia Sicuso écarte toutefois une fermeture définitive et s’engage à rouvrir le plus tôt possible.

On ignore combien de temps il faudra pour remettre les lieux dans un état de salubrité acceptable pour réaliser de la production alimentaire.

– Avec Jean-François Racine

Des institutions touchées

Il y avait beaucoup d’effervescence sur l’avenue Saint-Patrice à Sainte-Marie, hier.
Photo Catherine Bouchard

Le Manoir Taschereau, bâtiment patrimonial de la rue Notre-Dame Nord à Sainte-Marie­­­, en Beauce, a été lourdement endommagé par les inondations. Une partie du toit de la résidence touristique, qui date du début des années 1800, s’est effondrée. Le casse-croûte Pinto Retro, inauguré en 1955, devra retarder son ouverture prévue jeudi en raison des dommages subis. Par ailleurs, l’asphalte de la chapelle Sainte-Anne n’avait pas fière allure non plus mercredi, après les ravages de l’inondation. Il était impossible d’y circuler en voiture, tellement la chaussée était abîmée.

Luna retrouvée

Il y avait beaucoup d’effervescence sur l’avenue Saint-Patrice à Sainte-Marie, hier.
Photo Catherine Bouchard

Marc-André Fortin était fort heureux mercredi de retrouver Luna, sa chienne qu’il a dû laisser, à contrecœur, dans sa résidence de Sainte-Marie, qui a été fortement touchée par les inondations. Depuis samedi, le gros toutou était seul dans la maison et l’instabilité de la résidence rendait tout sauvetage dangereux. Luna a finalement décidé par elle-même de rejoindre son maître. « Elle est descendue dans les marches et je suis arrivé. Je voulais qu’elle remonte, mais quand elle m’a vu, je lui ai plutôt crié de venir et elle m’a sauté dans les bras », lance-t-il.

Du tsunami à la débâcle

Il y avait beaucoup d’effervescence sur l’avenue Saint-Patrice à Sainte-Marie, hier.
Photo Stevens LeBlanc

Prashanthini Raveenthiran­­­, qui a quitté le Sri Lanka à cause du tsunami de 2004, se serait bien passée de cette inondation. Elle a déménagé à Sainte-Marie en 2007 et a acheté sa maison du boulevard Larochelle en 2010. «Je ne savais pas qu’il y avait des risques d’inondation, sinon, je n’aurais jamais fait ça», lance la dame. Sa famille a fait des travaux au solage pour surélever la maison en 2014, au coût de 65 000 $. Voilà que tout est à refaire. «On veut déménager, il y a trop de fatigue. Moralement, on ne va pas bien», confie la dame.