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Un bus articulé 100% électrique testé au RTC

Toute la flotte sera électrifiée d’ici 2041 à Québec

Le RTC a présenté aux médias, jeudi, le premier autobus articulé 100 % électrique testé dans les rues de la capitale. D’autres modèles seront aussi à l’essai prochainement.
Photo Jean-François Desgagnés Le RTC a présenté aux médias, jeudi, le premier autobus articulé 100 % électrique testé dans les rues de la capitale. D’autres modèles seront aussi à l’essai prochainement.

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Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) fait l’essai d’un autobus articulé 100 % électrique dans les rues de Québec, ces jours-ci, en prévision de l’électrification graduelle de toute sa flotte d’ici 2041.

Long de 60 pieds, l’autobus de la compagnie manitobaine New Flyer Industries sillonne les rues de Québec depuis le début de la semaine, sans passagers à bord. Il quittera la capitale ce week-end. Différents tests auront aussi été effectués d’ici là au Centre Métrobus de la rue Armand-Viau.

Le RTC a présenté aux médias, jeudi, le premier autobus articulé 100 % électrique testé dans les rues de la capitale. D’autres modèles seront aussi à l’essai prochainement.
Photo Jean-François Desgagnés

La technologie évolue rapidement et l’électrification des autobus arrive à grands pas, a insisté le président du RTC, Rémy Normand, en conférence de presse. Il a rappelé que le virage électrique était incontournable puisque le gouvernement du Québec subventionnera uniquement les autobus 100 % électriques à compter de 2025. Toutes les sociétés de transport de la province sont dans le même bateau. Hydro-Québec collabore avec elles pour faciliter la transition.

« C’est le cœur même de nos opérations qui doit être repensé. On entre dans une période de planification drôlement importante. Ce n’est pas un défi insurmontable, mais c’est un bon défi. L’échéance est rapprochée. Il va falloir faire le virage. Et on n’attendra pas 2025 », a ajouté Rémy Normand.

Quatre autres modèles à l’essai

Les tests effectués avec l’autobus de New Flyer Industries permettront à la Ville de Québec de préparer ses cahiers de charge en prévision d’éventuels appels d’offres et de les adapter en fonction de ses propres besoins (topographie, longueur des parcours, climat, etc.). Quatre autres modèles d’autant de fournisseurs seront aussi à l’essai dans les prochains mois.

Le RTC a présenté aux médias, jeudi, le premier autobus articulé 100 % électrique testé dans les rues de la capitale. D’autres modèles seront aussi à l’essai prochainement.
Photo Jean-François Desgagnés

« Nous procédons à des simulations. Nous évaluons la consommation énergétique, les besoins de recharge et les types de composantes nécessaires à ce type d’autobus. 2025, c’est demain... S’il y a une chose que je voudrais que vous reteniez, c’est que l’électrification est bel et bien lancée », a déclaré Martin Lapointe, le chef du programme d’électrification au RTC, embauché récemment.

Autonomie réduite l’hiver

L’autobus présenté à la presse jeudi a une autonomie moyenne de 350 km, laquelle est considérablement réduite (environ 200 à 250 km) dans un climat rigoureux comme le nôtre en hiver, reconnaît le fabricant.

Le coût unitaire de l’articulé n’a toutefois pas été dévoilé puisqu’il existe de nombreuses configurations, a expliqué M. Normand, évoquant même la possibilité d’ajouter un chauffage d’appoint. Ce type de véhicule, assurément plus cher à l’achat, entraînera en revanche des économies de carburant importantes : environ 15 millions de litres par an quand le virage électrique aura été complété, en 2040 ou en 2041.

Le RTC a présenté aux médias, jeudi, le premier autobus articulé 100 % électrique testé dans les rues de la capitale. D’autres modèles seront aussi à l’essai prochainement.
Photo Jean-François Desgagnés

Adapter les infrastructures

Le RTC, qui possède près de 600 autobus, prévoit aussi adapter l’ensemble de ses infrastructures (garages, réseau informatique, bornes de recharge, etc.) d’ici 2026 pour être prêt à opérer en mode tout électrique, ce qui nécessitera des investissements de plusieurs millions de dollars.

Plusieurs manufacturiers fabriquent déjà des autobus 100 % électriques. À Montréal, la STM utilise notamment trois autobus de la compagnie québécoise Nova Bus sur la ligne 36 – Monk. À Québec, il n’y en a plus depuis la mort des Écolobus. On calcule cependant que 25 % de la flotte sera hybride d’ici la fin de l’année avec les nouveaux Midibus.