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Le pont Pierre-Laporte se dégrade

La sécurité de l’ouvrage n’est cependant pas mise en péril, selon un rapport d’inspection commandé par le MTQ

La corrosion est très importante sur certaines pièces. Des plaques sont déformées, en raison de l’expansion des produits de corrosion.
Photo courtoisie, MTQ La corrosion est très importante sur certaines pièces. Des plaques sont déformées, en raison de l’expansion des produits de corrosion.

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Corrosion, perforation, rupture de plusieurs brins des câbles de suspension : le pont Pierre-Laporte présente plusieurs indices de dégradation, selon un rapport publié par le ministère des Transports.

Le ministère a publié discrètement sur son site internet un rapport d’inspection réalisé en août 2018 par les ingénieurs du consortium CIMA +/Tetra Tech. La nouvelle a été éventée par le FM93 en matinée hier.

La structure construite en 1970 présente plusieurs indices de dégradation.

Le revêtement le long des suspentes est craquelé et absent par endroits, causant différents degrés de rouille. 
Photo courtoisie, MTQ
Le revêtement le long des suspentes est craquelé et absent par endroits, causant différents degrés de rouille. 

À plusieurs reprises dans leur rapport, les ingénieurs notent des fissures dans les pièces qui composent le pont, de la corrosion « très importante » sur certaines plaques horizontales, sur des boulons ou sur des tiges.

On note aussi des déformations sur des plaques attribuables à l’effet des produits de corrosion.

À certains endroits, des pièces métalliques de la structure ont perdu une part importante de leur épaisseur.

« Perte de section jusqu’à très importante, principalement sur la plaque horizontale inférieure et sur l’intérieur des plaques verticales », notent les experts quant à l’une des poutres triangulées.

De nombreux brins d’acier qui composent les énormes câbles de suspension sont rompus.
Journal de Québec
De nombreux brins d’acier qui composent les énormes câbles de suspension sont rompus.

Les câbles de suspente ont aussi subi l’effet du temps. De nombreux brins d’acier qui composent ces énormes câbles torsadés sont rompus.

« Défauts pouvant réduire de façon appréciable la capacité des suspentes à supporter les charges », écrivent les ingénieurs.

Des interventions d’ici 5 ans

On a aussi remarqué des « défauts du revêtement causant différents degrés de rouille à la surface » de la structure visible du pont.

Les piles ne sont pas en reste : « Désagrégation jusqu’à très importante du mortier. Fissures verticales inférieures à 2,0 mm dans la pierre. Fissures injectées dans la pierre », lit-on dans le rapport.

Le rapport souligne qu’il y a des déficiences dans l’état de la structure et il recommande de demander un avis technique sur la fissuration du béton.

En général, les défauts des composantes de la structure n’ont aucune incidence sur son comportement. Mais dans le cas de certaines pièces, comme l’acier structural du tablier, les entretoises et la passerelle d’inspection, les défauts peuvent avoir un effet. Pour ces dernières, des interventions sont suggérées d’ici cinq ans.

Sécurité non compromise

Malgré tout, l’indice de comportement de la structure, qui reflète le niveau de sécurité du pont, demeure élevé, à 92,1 sur 100.

Au ministère des Transports, le porte-parole Guillaume Paradis explique que le pont est inspecté tous les deux ans, en raison de son importance pour le réseau routier.

« C’est un pont qui a 50 ans, sur lequel il y a des dommages qu’on suit et pour lesquels on fait des interventions régulières. »

D’ailleurs, on en est à la phase deux des travaux de 50 millions $ en quatre phases qui prévoient, entre autres, des réparations de pièces d’acier et de la métallisation sous le tablier.

À certains endroits, des pièces métalliques de la structure ont perdu une part importante de leur épaisseur.
Photo courtoisie, MTQ
À certains endroits, des pièces métalliques de la structure ont perdu une part importante de leur épaisseur.
À certains endroits, des pièces métalliques de la structure ont perdu une part importante de leur épaisseur.
Photo courtoisie, MTQ
À certains endroits, des pièces métalliques de la structure ont perdu une part importante de leur épaisseur.

Le projet est inscrit au Plan québécois des infrastructures.

« On fait les gestes sur nos structures pour les maintenir en état. Le rapport est un bilan de santé qui nous permet d’orienter nos décisions, mais il y a des choses pour lesquelles on n’intervient pas, même s’il y a des dommages. Le rapport est un intrant pour nos ingénieurs », a fait savoir M. Paradis.

De plus, le ministère des Transports a annoncé récemment qu’il entamera des « travaux majeurs » sur le pont Pierre-Laporte d’ici quatre ans pour réparer les erreurs dans le pavage, qui se détache en galettes, à peine quatre ans après son installation.

La structure du pont « demeure sécuritaire », a tenu à rappeler le ministère, hier en fin d’après-midi dans un communiqué.

Le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, n’a pas rendu les appels du Journal, hier.

Pont Pierre-Laporte

  • Pont suspendu à six voies de circulation
  • Construit en 1970
  • Longueur : 1144,8 m
  • Largeur : 27 m
  • 125 000 véhicules y circulent chaque jour, dont 9 % de camions
  • Prochaine inspection en 2020