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Une reine pertinente

Marianne Marceau est impériale dans «Christine, la reine-garçon»

Marianne Marceau (ici avec Eliot Laprise) offre une performance remarquable dans le rôle d’une jeune reine qui désire élever une Suède vivant dans la noirceur luthérienne en place au 17e siècle.
Photo Courtoisie, Nicola-Frank Vachon Marianne Marceau (ici avec Eliot Laprise) offre une performance remarquable dans le rôle d’une jeune reine qui désire élever une Suède vivant dans la noirceur luthérienne en place au 17e siècle.

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Après Antigone, Les murailles, Untouched Land, Sauver des vies et Rashomon, c’est maintenant au tour de Christine, la reine-garçon d’offrir un beau moment de théâtre. Il n’y a pas de doute, la fin de parcours de la saison 2018-2019 est de très haut niveau.

La pièce de Michel Marc Bouchard allie du jeu de qualité, une performance remarquable de Marianne Marceau, et un texte puissant et rempli de résonance.

Tellement que le public n’a pas hésité une seule seconde à applaudir avec force à l’entracte.

Marianne Marceau (ici avec Eliot Laprise) offre une performance remarquable dans le rôle d’une jeune reine qui désire élever une Suède vivant dans la noirceur luthérienne en place au 17e siècle.
Photo Courtoisie, Nicola-Frank Vachon

À l’affiche à La Bordée jusqu’au 11 mai, Christine, la reine-garçon raconte l’histoire de Christine de Suède, devenue reine à 18 ans, et qui avait pour objectif de sortir son pays de sa noirceur. Une Suède qui, au 17e siècle, était un pays luthérien.

Elle est déçue d’avoir hérité d’un peuple de mineurs, de paysans et de bûcherons qui n’a pas de mots et pas d’idées.

« La Suède a besoin d’écoles, de bibliothèques, de savants et de poètes. Je veux en faire le pays le plus sophistiqué du monde », affirme-t-elle.

Mise en scène par Marie-Josée Bastien, la pièce Christine, la reine-garçon commence avec intensité. Karl Gustav, le cousin de la reine, veut l’épouser à tout prix. Christine, elle, ne veut rien savoir.

Marianne Marceau (ici avec Eliot Laprise) offre une performance remarquable dans le rôle d’une jeune reine qui désire élever une Suède vivant dans la noirceur luthérienne en place au 17e siècle.
Photo Courtoisie, Nicola-Frank Vachon

Investie par une mission et seule dans son camp, il n’y a pas de place, dans sa vie, pour l’amour ou la guerre.

Christine fait même venir le philosophe français René Descartes, afin de comprendre le sentiment amoureux. Elle constatera qu’elle est amoureuse d’une seule chose et que c’est cette capacité à déterminer, par elle-même, son existence.

Un texte captivant

Marianne Marceau livre une performance remarquable dans le rôle de Christine. Intense, investie, elle joue, à travers un personnage très complexe, une gamme d’émotions très diversifiées.

Et elle est très bien soutenue par une solide distribution constituée d’Ariane Bellavance-Fafard, Frédérique Bradet, Jean-Michel Déry, Érika Gagnon, Eliot Laprise, Simon Lepage, Vincent Michaud et Réjean Vallée, qui portent tous des costumes magnifiques.

Marianne Marceau (ici avec Eliot Laprise) offre une performance remarquable dans le rôle d’une jeune reine qui désire élever une Suède vivant dans la noirceur luthérienne en place au 17e siècle.
Photo Courtoisie, Nicola-Frank Vachon

Le texte de Michel Marc Bouchard est captivant, intéressant et d’actualité.

Christine, la reine-garçon aborde la liberté, l’émancipation, les convictions et le besoin d’évoluer, de grandir et de s’élever. Elle démontre aussi l’importance des arts, de l’éducation et de la science.

Des thèmes qui résonnent avec force dans une société actuelle qui se dit moderne, mais où de plus en plus de voix s’élèvent et doutent de l’importance des arts, de la culture et de la science.

Et c’est ce que nous rappelle, avec justesse, cette reine-garçon provenant d’une autre époque.