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Des commerces perdent gros et certains veulent déménager

L’économie locale de la Beauce est lourdement affectée par le débordement de la rivière Chaudière

Les remorquers et les conteneurs sont d’une grande utilité.
Photo Stevens LeBlanc Les remorquers et les conteneurs sont d’une grande utilité.

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Les inondations historiques en Beauce font perdre des dizaines de milliers de dollars à plusieurs commerçants qui songent sérieusement à déménager.

À Sainte-Marie, la rue Notre-Dame n’est que l’ombre d’elle-même depuis quelques jours. Les restaurants, boutiques et professionnels qui l’habitent peinent à se relever. La plupart sont toujours fermés.

Josianne et Mélanie Savoie, et leur associée Gina Audet, ont décidé de déménager leur salon de coiffure.
Photo Dominique Lelièvre
Josianne et Mélanie Savoie, et leur associée Gina Audet, ont décidé de déménager leur salon de coiffure.

Pour Mélanie et Josiane Savoie, c’est la crue de trop. Après 15 années de présence sur la rue commerçante, elles ont décidé de se mettre à la recherche d’un nouveau local plus haut à Sainte-Marie pour y installer leur salon de coiffure L’Atelier.

«On ne prend plus de chance. On est un peu échaudées de la situation. C’est désolant parce que c’était vraiment beau et on aimait l’emplacement.»

«Il y en a qui vont reculer de la rue», envisage aussi Clermont Labrecque, qui a fondé il y a 40 ans la bijouterie du même nom sur la rue Notre Dame. Le commerçant a choisi de rester, mais depuis samedi, il ne fait pas un sou. Il espère rouvrir lundi.

Impacts financiers

À Scott, le temps presse pour Enrico Denis, propriétaire d’un magasin de pièces d’automobile. Toujours privé de courant, le détaillant JD Performance n’est pas fonctionnel depuis samedi et renonce donc jusqu’à 10 000 $ en chiffre d’affaires quotidien.

Le sous-sol du commerce de pièce d’autos d’Enrico Denis est toujours inondé, ce qui empêche le rétablissement de l’électricité.
Photo Dominique Lelièvre
Le sous-sol du commerce de pièce d’autos d’Enrico Denis est toujours inondé, ce qui empêche le rétablissement de l’électricité.

« Dans mon domaine, avril, mai, juin, ce sont les trois mois où l’on fait de l’argent, donc c’est certain que ç’a de gros impacts financiers », dit M. Denis.

«Tant que j’ai de l’eau, il n’y a pas un électricien qui va venir ici, alors je suis un peu dans un cercle vicieux», se désole M. Denis, craignant même d’être poussé à la faillite si la situation ne se résorbe pas bientôt.

De son côté, le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, affirme qu’il est trop tôt pour faire un bilan des conséquences sur l’économie de sa ville.

«Comme chaque année d’inondation, on a 2, 3 jours d’émotions. Les gens vont se replacer et ensuite, il y a de grosses décisions qui vont se prendre», a-t-il déclaré.

Pertes importantes

Plus au sud, à Beauceville, la municipalité a toujours des airs de ville fantôme alors que la plupart des commerces et tous les restaurants sont fermés. La seule épicerie restera aussi fermée pour une longue période. Actuellement une seule station-service accueille des clients. Trouver un café n’est pas une mince tâche.

«Si on me donne un montant, même pas très élevé, je m’en vais», assure Réjean Mathieu, propriétaire d’un garage.

En se retirant, l’eau laisse de grande quantité de boue et de vase.
Photo Stevens LeBlanc
En se retirant, l’eau laisse de grande quantité de boue et de vase.

«C’est sûr qu’on perd beaucoup d’argent. Rien ne fonctionne. Je ne sais pas ce que je vais faire encore», a lancé le propriétaire du restaurant Normandie, Maquis Fortin.

«On va rester, mais se relocaliser», a ajouté Guillaume Cloutier, copropriétaire d’une clinique de physiothérapie.

Bel exemple de solidarité, don de matelas neufs aux sinistrés

Une entreprise beauceronne fera don d’une série de matelas neufs à des sinistrés des inondations.

Commerçants et citoyens ne feront pas mentir leur réputation d’entraide. L’entreprise LA PLACE a décidé de donner des matelas neufs, de fin de série, ou avec de légères imperfections. Santé Canada recommande effectivement de jeter tous les matériaux isolants comme les matelas, les sommiers, les oreillers et les coussins qui ne peuvent pas être asséchés.

« En constatant l’ampleur des dégâts, tout de suite, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. On a vérifié nos inventaires, on a contacté nos fournisseurs et on a rassemblé un maximum de matelas à donner. Bien sûr, nous comptons sur l’honnêteté et la solidarité des Beaucerons afin que tous laissent la place aux sinistrés n’ayant même plus de matelas pour dormir », a déclaré Kevin Napert, directeur général de l’entreprise.

Les personnes admissibles peuvent remplir le formulaire au www.la-place.ca/dons d’ici le 5 mai.