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En synchro avec Montréal

Les duos féminins canadiens se démarquent en récoltant deux médailles d’argent

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Meaghan Benfeito (à gauche) et Caeli McKay ont remporté la médaille d’argent à l’épreuve synchro à la plateforme de 10 m.

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MONTRÉAL | Avec leurs deux podiums dans la même journée, les plongeuses québécoises ont démontré vendredi qu'elles savent endurer la fournaise du Parc olympique de Montréal qui leur sert d'environnement de travail au quotidien.

La température ambiante du Centre sportif et l'autre type de chaleur, celle dégagée par la foule, ont influé sur les membres de l'équipe canadienne durant la première journée de la Série mondiale de plongeon consacrée aux épreuves synchronisées. Après Meaghan Benfeito et sa partenaire albertaine Caeli McKay, médaillées d'argent en matinée à la plateforme de 10 m, le duo de Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu a répliqué en soirée avec une breloque de la même couleur au tremplin de 3 mètres.

Clairement, Montréal est entrée en synchro avec ses plongeuses. « Quand vous nous voyez rire un peu (au haut de la plateforme), c'est un rire mal à l'aise et ça veut dire qu'on est un peu crispé, que le ventre fait mal et que le cœur va nous sortir, mais c'est ce qui fait qu'on plonge bien. Quand on est trop calme, c'est signe qu'il n'y a pas assez d'adrénaline. Avec la foule, c'est vraiment hot. Ça donne un bon spectacle », a commenté la doyenne Benfeito, une habituée des grandes occasions.

Une coche de plus

Se produire ainsi dans leur quartier général amène les plongeurs locaux à rehausser leur audace. À ce troisième des cinq rendez-vous de la Série, ça s'est traduit avec des records de pointage de la saison pour ces deux tandems féminins, également pour celui de Vincent Riendeau et Nathan Zsombor-Murray, quatrième à la plateforme de 10 m.

Le duo Benfeito-McKay a misé à leur quatrième des cinq sauts sur une figure au coefficient de difficulté le plus élevé de la journée, un truc qui n'avait pas bien marché à la Coupe Canada de Calgary il y a trois semaines. Cette fois, elles ont fait mouche avec leurs trois sauts périlleux et demi arrière en position groupée. Leur note de 80,19 – la deuxième meilleure au tableau du jour – les a hissées momentanément au premier rang, mais la réplique des Nord-Coréennes Mi Rae Kim et Jin Mi Joe, intraitables au dernier tour suivant, leur a ravi la médaille d'or.

« Notre saut n'a vraiment pas bien été en pratique, mais c'est pour ça, une pratique, ça permet de s'ajuster. Quand je suis sortie de l'eau, je l'ai regardée (sa partenaire) et je lui ai dit : ça, c'était vraiment bon », a commenté la doyenne de l'équipe canadienne, qui avait terminé troisième avec McKay lors des deux premières étapes de la Série présentées au Japon et en Chine.

L'avantage de jouer à la maison ne règle pas tout. Il faut aussi l'expérience. Avec leur note de 38,40 au deuxième tour – la pire de tout leur concours –, Abel et Citrini-Beaulieu ont exploité les trois rondes suivantes pour construire leur remontée de la sixième à la deuxième place. « L'important, c'est de savoir mettre ça derrière nous et se concentrer sur ce qui s'en vient. On ne peut pas changer le passé. J'ai partagé ma frustration directement après le plongeon, Mélissa m'a écoutée et m'a dit : OK, c'est bon, on met ça derrière nous », a exprimé Abel, qui signe son 61e podium dans l'histoire de la Série mondiale débutée en 2007.

Horaire du jour

Le programme de samedi sera consacré aux épreuves individuelles à la plateforme de 10 m chez les femmes et au tremplin de 3 m pour les hommes, puis à l'épreuve synchronisée mixte à la plateforme. Le thermomètre ne devrait pas être à la baisse...

L’école passera avant la compétition

Avec le quatrième rang de vendredi à l’épreuve du 10 m en synchro, Vincent Riendeau aurait légitimement le goût de participer aux deux derniers rendez-vous de la Série mondiale à Kazan et à Londres, le mois prochain. Mais le gros bon sens le ramène à l’ordre : son partenaire Nathan Zsombor-Murray doit y renoncer pour se consacrer à la fin de l’année scolaire.

« Il a encore juste 15 ans et il doit finir son secondaire. Il doit s’assurer d’avoir une tête sur les épaules, plutôt que d’être seulement un athlète. C’est important qu’il finisse ses cours et qu’il ait de bonnes notes », affirme le plongeur de 22 ans, qui a entamé cette saison des études en génie électrique à Polytechnique Montréal. Malgré leur deuxième meilleur pointage de la saison (409,11), François Imbeau-Dulac et Philippe Gagné ont dû se contenter du cinquième rang à l’épreuve synchro du tremplin de 3 m.

« C’est comme si on venait de recevoir une claque derrière la tête. Si on veut vraiment se battre pour un podium aux mondiaux ou dans la Série mondiale, il faut améliorer certaines choses », a illustré Imbeau-Dulac, jamais à court d’images dans ses propos.