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Plaintes pour harcèlement psychologique à Lévis: le processus de médiation a échoué

L’enquête s’ouvre sur les agissements du maire de Lévis

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, n’a pas voulu commenter le processus d’enquête sur les trois plaintes en harcèlement psychologique qui le visent.

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Le processus de médiation a échoué dans le cheminement des plaintes en harcèlement psychologique qui touchent le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui continue de s’en tenir au silence.

Le Journal a appris que le processus de médiation a avorté. Cette étape est partie prenante du cheminement d’une plainte en harcèlement psychologique à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, est visé par trois plaintes à la CNESST.

Vendredi, le maire n’a pas voulu commenter le processus en cours ni dire pourquoi la médiation a échoué. Il a de nouveau justifié ce refus par le processus en cours et la confidentialité à laquelle il est tenu.

« Des faussetés »

Il a réitéré qu’il a « la conscience tranquille ». « La seule chose que je peux vous dire, c’est que ce processus-là va nous permettre tantôt de distinguer la réalité et les faussetés. Et actuellement, je vois dans les médias des faussetés. On aura l’occasion dans le cadre du processus de rétablir les faits et on verra les décisions qui seront prises à ce moment-là. »

Il affirme avoir la conviction profonde qu’il a bien agi dans ce dossier et dit ne pas se laisser distraire. M. Lehouillier n’a pas voulu préciser ce qu’il entendait par « faussetés ».

Puisque la médiation n’aura pas lieu, la CNESST passe à l’étape suivante du processus, soit l’enquête.

Gilles Lehouillier affirme qu’il n’a pas été contacté par la CNESST. La conseillère de Saint-Romuald, Brigitte Duchesneau, qui assistait à la mêlée de presse et qui a réitéré son appui au maire, s’est elle aussi murée dans le silence et a indiqué qu’elle « n’avait pas eu de nouvelles » des enquêteurs de la CNESST. « Je n’ai rien à dire. »

Les étapes subséquentes sont la préparation du dossier et l’audience devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

Cette dernière serait publique, à moins qu’elle ne soit frappée d’une ordonnance de huis clos, ce qui est une mesure « exceptionnelle » invoquée notamment si le respect de la réputation et de la vie privée peut être compromis, selon la porte-parole du TAT, Céline Jacob. « Le principe de transparence de l’institution judiciaire prévaut. »

À la Ville de Lévis, le directeur général adjoint Christian Tanguay n’a pas voulu donner de détails sur le processus « dans un souci de respect des personnes et des institutions impliquées ».

La CNESST a rappelé qu’elle ne commente jamais les enquêtes, pour en préserver la confidentialité et pour « protéger [les personnes] qui portent plainte contre d’éventuelles représailles », a indiqué la porte-parole Geneviève Trudel.

« En matière de normes du travail, si les dossiers ne se règlent pas dans le cadre d’un processus de médiation, ils seront déférés devant le TAT. »

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforêt, a fait savoir par l’entremise de son attachée de presse, Bénédicte Trottier-Lavoie, qu’elle était « préoccupée » par les cas d’élus visés par des plaintes de harcèlement. Elle a rappelé qu’elle compte resserrer les règles éthiques qui s’appliquent aux élus municipaux.

Onze témoignages

Une enquête du Journal avait dévoilé les témoignages de plus d’une dizaine de personnes qui se disaient victimes ou témoins de gestes de violence verbale et physique de la part du premier élu de Lévis.

Certaines ont raconté comment le maire obligeait des employés du cabinet à l’accompagner en soirée, en dehors du travail et dans un bar ou un restaurant, et ce, jusqu’aux petites heures du matin.

Trois présumées victimes avaient porté plainte à la CNESST en juillet 2018.

Défense du maire

Fonds publics engagés par la Ville de Lévis (depuis février 2018)

  • 22 787 $ à la firme de relations publiques Hill+Knowlton Stratégies
  • 16 137 $ à la firme d’avocats Cain Lamarre
  • 38 924 $ au total