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«Dans l'ombre du brasier» d'Hervé Le Corre: intrigue pendant la Commune de Paris

Hervé Le Corre
Photo courtoisie, Philippe Matsas, Leemage Hervé Le Corre

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Grande voix du roman noir français, l’écrivain Hervé Le Corre cadre son nouveau roman au cœur d’une période euphorique puis extrêmement dramatique de l’histoire de Paris, la Commune. Tout sera mis en œuvre pour sauver Caroline, enlevée par un tueur, dans un Paris à feu et à sang.

Avec force détails, Hervé Le Corre, un écrivain à la plume remarquable, fait revivre la Commune avec brio.

Cette période d’insurrection d’une durée d’environ deux mois a eu lieu en 1871, à la suite de la défaite de la France devant la Prusse et du siège de Paris.

<b><i>Dans l’ombre du brasier</i></b><br />
Hervé Le Corre<br />
Éditions Rivages/Noir, 492 pages
Photo courtoisie
Dans l’ombre du brasier
Hervé Le Corre
Éditions Rivages/Noir, 492 pages

Les idéaux révolutionnaires naissants ont été suivis par une guerre civile, la Semaine sanglante.

Le centenaire de la Commune fut commémoré lorsque l’auteur avait 15 ans. Il s’en souvient très bien.

«C’est un événement qui a impressionné le jeune homme que j’étais. Mes opinions politiques de l’époque, qui étaient en formation, ont trouvé dans cette insurrection une espèce d’écho favorable, sympathique, chaleureux, malgré la tragédie dans laquelle ça s’est terminé», explique-t-il en entrevue.

«Il y a longtemps que je chemine avec la Commune de Paris, avec cette mythologie que j’avais en tête, comme beaucoup de gens qui ont mes opinions d’ailleurs — de gauche ou d’extrême gauche», poursuit-il.

L’écrivain trouvait que cette guerre civile était «puissamment romanesque». «On pouvait s’y faire produire des événements extravagants — en l’occurrence une histoire policière — et mêler justement la violence criminelle à la violence historique.»

«Héros du quotidien»

Il situe son histoire au début de la Semaine sanglante, en mai 1871, au milieu d’une guerre civile ultraviolente.

«Il s’agit de focaliser sur quelques personnages et d’en faire des sortes de héros du quotidien, de leur faire vivre leur tragédie individuelle, leur tragédie historique, et d’essayer de mettre dans la balance ce qui peut advenir de leur propre destin.»

Un personnage féminin, Caroline, prend une place très importante dans l’histoire.

«J’aime beaucoup, comme écrivain, travailler les personnages de femmes. Ça s’ajoute à l’idée que pendant la Commune de Paris, la question des femmes n’a pas été vraiment posée. L’époque n’était pas encore mûre pour que la question des femmes soit posée.»

Puisqu’il traite de la Commune de Paris, son roman fait-il écho avec l’actualité, aux manifestations des «gilets jaunes»? «Non, pas du tout», répond l’auteur.

«La forme politique que ça prend n’est pas du tout la même. La Commune de Paris a essayé de construire quelque chose, d’élaborer un projet politique. Or, les “gilets jaunes” manifestent pour des raisons qui me paraissent excellentes, mais ils ne sont porteurs — pour le moment — d’aucun projet politique vraiment cohérent.»

«Voyage dans le temps»

Il a beaucoup aimé écrire sur cette période. «Je me suis plongé dans les photos, les plans, les bouquins d’historiens, des témoignages. J’ai fait une espèce de voyage dans le temps et dans l’espace, et ça m’a passionné.»


► Hervé Le Corre est une des grandes voix du roman noir français.

► Ses romans ont été traduits en plusieurs langues et beaucoup ont été primés.

► L’Amérique qui parle français le fait rêver.