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La tension et l’angoisse augmentent tout comme l’eau

Des résidents ont dû se rendre à l’évidence et quitter leur maison ou leur chalet

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Photo Agence QMI, Maxime Deland Des résidents de Rigaud, en Montérégie, ont été obligés de quitter leur maison en bateau, hier. Ils n’ont pas oublié leurs animaux de compagnie.

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Évacuation de masse à Rigaud, digue qui peine à résister au courant à Pointe-Calumet, et Montréal qui déclare l’état d’urgence : les inondations ont fait monter l’angoisse d’un cran, hier, au Québec.

Appréhendant des niveaux d’eau encore jamais vus dans la région au cours de la fin de semaine, la Ville de Rigaud en Montérégie a mis en place hier son plan d’évacuation de masse, ordonnant aux résidents de quitter les lieux.

Au Québec, on attendait de 30 à 60 mm de pluie, hier et aujourd’hui. Ces précipitations feraient monter graduellement les eaux de l’Outaouais et de Montréal.

« Nous entrons dans une dimension inconnue. Comme nous ne sommes plus capables d’anticiper les conséquences, nous ne pouvons plus garantir la sécurité des citoyens », a tranché Daniel Boyer, directeur du Service de sécurité incendie de Rigaud.

Il a invoqué l’article 40 de la Loi sur la sécurité incendie (voir texte ci-bas).

Découragés

Pendant ce temps, dans les Laurentides, l’imposante digue en béton qui protège Pointe-Calumet a été submergée. La force du vent et celle du courant ont fait en sorte que l’eau passait par-dessus. Des milliers d’évacuations pourraient avoir lieu.

« On est à bout ! », a soufflé d’épuisement Jenny Giroux, en apprenant que le débit de l’eau au barrage Carillon devait encore augmenter en fin de semaine. Elle tentait de protéger son chalet à Rigaud.

Désertique

Le secteur, hier désertique, laissait présager que bon nombre de citoyens avaient obéi à la Ville en quittant les lieux.

C’était le cas d’un jeune couple qui, le moral à plat, était venu chercher son chat, laissant derrière tous ses biens.

« C’est démoralisant. C’est la deuxième fois. On n’a même pas fini de réparer les dégâts de 2017. S’ils [le gouvernement] nous donnent de l’argent, on va sacrer notre camp ! » a laissé tomber Nadia Sabourin, qui habite Rigaud depuis sa naissance.

– Avec Antoine Lacroix et l’Agence QMI

Une loi peu utilisée

Pour une rare fois, les autorités ont invoqué hier l’article 40 de la Loi sur la sécurité incendie pour ordonner des évacuations.

Il s’agit d’une disposition peu utilisée pour forcer des citoyens à quitter leur demeure, selon l’avocat civiliste Éric Oliver. Mais dans le cas des inondations à Rigaud, cela est tout à fait justifié, dit-il.

« On ne parle pas juste de la vie des gens sinistrés, mais aussi de celle des personnes qui pourraient devoir aller les sauver, dit-il. Ceux qui refusent de partir ne pourront pas ensuite se plaindre de négligence [des pompiers]. »

Dans le cas présent, l’ordre d’évacuation est « plein de bon sens, d’un point de vue de la santé et de la sécurité », conclut-il.

– Michaël Nguyen