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Non, les libéraux n’ont pas brisé leur promesse

Parlement Ottawa
Photo Sarah Bélisle Jagmeet Singh

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

À l’occasion du Jour de la Terre, lundi, le chef du NPD Jagmeet Singh s’est inquiété que le Canada puisse rater ses cibles de réduction de gaz à effet de serre.

Il a affirmé que « le gouvernement libéral a aussi brisé sa promesse de remettre en place les lois environnementales éliminées par le gouvernement Harper, comme le processus d’évaluation environnementale du Canada, la Loi sur les pêches et la Loi sur les voies navigables ».

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Les faits

Il est faux de prétendre que les libéraux n’ont rien fait pour rétablir les lois environnementales changées par l’ancien gouvernement conservateur.Les projets de loi C-68 et C-69 ont été adoptés en juin dernier à la Chambre des communes et sont maintenant à l’étude au Sénat, qui décidera s’ils sont approuvés.

Ces projets revoient entre autres la protection de la navigation et la loi sur les pêches, ainsi que les évaluations environnementales de projets énergétiques afin de rendre le processus plus inclusif et élargi que sous l’ère Harper.

Il est cependant vrai, comme l’affirme le NPD, que des éléments modifiés par les conservateurs sont toujours présents dans les nouveaux projets de loi.

Par exemple, une mesure imposée en 2012 avait réduit substantiellement le nombre de cours d’eau navigables où des projets doivent recevoir une autorisation de Transports Canada pour voir le jour. Cette liste existera toujours à terme, mais d’autres mesures de protection sont prévues pour l’ensemble des voies navigables.

Le chiffre de la semaine: 32%

Près du tiers des poursuites d’automobilistes engagées par les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont été abandonnées entre 2014 et 2018, selon un document transmis après avoir fait une demande d’accès à l’information.

Ces abandons s’expliquent surtout parce que les policiers ont perdu de vue les suspects ou parce que les poursuites étaient trop dangereuses.

Les policiers sur le terrain doivent en effet prévenir leurs sergents lorsqu’ils se lancent dans une poursuite afin de leur donner des détails concernant l’infraction, la densité du trafic, etc.

Les patrons peuvent ordonner d’arrêter la poursuite s’ils jugent que c’est trop risqué. Les policiers peuvent eux-mêmes choisir d’arrêter la chasse pour les mêmes raisons.

Certaines poursuites sont aussi abandonnées parce que les policiers estiment que les suspects se mettent en danger en étant pourchassés. « Des fois, on se dit “Ça vaut-tu la peine de le voir se tuer parce qu’on lui a couru après ?” » explique le capitaine Paul Leduc de la SQ.

Un autre tiers des poursuites se soldent par des arrêts volontaires ou des arrestations des suspects.

Plus du quart des chasses sont classées dans la catégorie « Autres ». La SQ n’a pas pu fournir d’exemples ou de précisions à ce sujet.

– Marie Christine Trottier

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