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Plongeon: une enfant de 13 ans déjà parmi les étoiles

Plongeon: une enfant de 13 ans déjà parmi les étoiles
Joël Lemay / Agence QMI

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MONTRÉAL | Quand une enfant d'à peine 13 ans virevolte comme un papillon pour ensuite fendre l'eau sans éclaboussure, on se dit que la Chine ne s'épuise pas à repousser les limites de la perfection.

Le concours féminin d'hier à la plateforme de 10 mètres nous a rappelé pourquoi le plongeon, comme la plupart des sports pratiqués dans le pays le plus populeux de la planète, a le luxe de puiser dans un bassin de 1,4 milliard d'habitants.

Wei Lu, gagnante de l'épreuve avec un pointage de 423,85, a eu seulement 13 ans le 10 décembre dernier. Sa compatriote Yajie Si, deuxième avec un score de 390,60, est presque vieille à 20 ans. Mais elle n'avait que 14 ans quand elle était devenue championne du monde de cette discipline en juillet 2013 à Barcelone !

«Elles sont toujours bonnes, peu importe leur âge, peu importe depuis combien de temps elles plongent. Ce sont elles qu'on essaie de battre chaque jour», avouait Meaghan Benfeito après son cinquième rang à la demi-finale en matinée qui l'a exclue de la finale.

40 titres olympiques

L'aînée de l'équipe canadienne a aussi dit que ces puissances mondiales «sont plus battables qu'il y a 10 ans», mais elles demeurent tout de même celles qui, au même titre que les hommes, dictent les standards d'excellence dans l'industrie.

Les plongeurs chinois règnent sur le classement mondial dans chacune des 10 épreuves, selon un calcul qui tient compte des trois meilleurs résultats de chaque athlète au cours des 12 derniers mois. Depuis les Jeux olympiques de 1984, la Chine a collectionné le total impressionnant de 40 médailles d'or.

«Ils commencent jeunes», témoigne l'entraîneure de l'équipe canadienne, Yihua Li.

Établie au Canada depuis 1990, cette ex-médaillée à des championnats mondiaux provient de cette prolifique usine de plongeurs.

«Les centres de formation leur accordent beaucoup de temps pour se développer sans distraction. Ils tendent vers l'excellence et se consacrent entièrement à leur sport. Si la Chine le veut, elle peut remporter une médaille dans n'importe quel sport de son choix. Ils aiment juste plonger», a-t-elle confié récemment à Plongeon Canada.

Peu bavards

Toute menue au centre du podium, hier soir, Wei Lu trahissait son âge par l'écart de grandeur qui la séparait des deux autres médaillées. Une puce ! Un sourire timide de sa part a laissé transparaître sa satisfaction.

C'est la seule émotion qu'on aura retirée de cette riche équipe chinoise. Le personnel gravitant autour n’est pas trop bavard.

«Pourquoi voulez-vous connaître le nombre de plongeurs qu'il y a en Chine ?» nous a demandé la traductrice qui accompagne l'équipe.

Les premières approches avaient mal débuté. Au bout de quelques minutes, l'un des entraîneurs a accepté de livrer quelques impressions sur la puissance qu'ils dirigent.

«C'est d'abord et avant tout le talent qu'on recherche», a dit Zhad Wenjin en peu de mots.

Le talent n’a pas d’âge

La Chine a poursuivi sa razzia dans la journée d'hier. Seule l'épreuve féminine en synchro à la plateforme de 10 mètres lui a échappé vendredi au profit des Nord-Coréennes, pas vilaines par ailleurs.

On devine d’ici toute la profondeur de plongeurs qui attendent dans le pays de Xi Jinping. Dans le groupe féminin seulement, il manque une étoile de marque à Montréal : Ren Qian. Championne olympique à l'épreuve de 10 m aux Jeux de Rio, elle vient tout juste d'avoir 18 ans. Sa carrière n'est sans doute pas terminée.

Le match d’hier aurait certes été relevé par sa présence. Avec sa marque enregistrée hier, la petite Wei Lu aurait terminé sur la deuxième marche du podium à Rio derrière Qian. Vraiment, le talent n'a pas d'âge dans les eaux chinoises.

«Ce n'est pas une question d'âge pour nous, soutient leur entraîneur. Tous les plongeurs doivent passer par nos qualifications nationales et nous gardons les plongeurs qui offrent les meilleures performances.»

Pourtant simple !