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Tout un quartier sacrifié pour sauver les autres

Plus de 250 résidences coincées dans l’eau entre les deux digues temporaires à Sainte-Marthe-sur-le-Lac

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Des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac dans les Laurentides ont appris avec colère et déception lundi que leur maison se trouvait dans la « zone sacrifiée » entre deux digues parallèles.

Des digues ont été bâties sur la 23e Avenue et la 29e Avenue pour encercler et arrêter la montée des eaux causée par celle qui a cédé samedi. Les maisons inondées dans un bassin entre les digues devront attendre la décrue.

<b>Le trou n'a toujours pas été bouché</b><br />Des citoyens ont tenté en vain de colmater la brèche survenue dans la digue végétale samedi soir. Lundi, la Ville a dû mettre en garde un groupe qui voulait apporter 5000 sacs de sable à cet endroit. Une initiative dangereuse et futile compte tenu du courant. La digue est également instable à cet endroit. Une rencontre avait lieu lundi soir entre les autorités municipales, des ingénieurs et les Forces armées canadiennes pour tenter de trouver une façon de bloquer la brèche.
Photo TVA Nouvelles, Kariane Bourassa
Le trou n'a toujours pas été bouché
Des citoyens ont tenté en vain de colmater la brèche survenue dans la digue végétale samedi soir. Lundi, la Ville a dû mettre en garde un groupe qui voulait apporter 5000 sacs de sable à cet endroit. Une initiative dangereuse et futile compte tenu du courant. La digue est également instable à cet endroit. Une rencontre avait lieu lundi soir entre les autorités municipales, des ingénieurs et les Forces armées canadiennes pour tenter de trouver une façon de bloquer la brèche.

La mairesse Sonia Paulus reconnaît que « malheureusement », certains résidents seraient inondés plus longtemps. Un peu plus de 250 résidences se retrouvent dans le secteur sacrifié (en rouge sur la carte), situé entre les deux digues temporaires construites sur la 23e Avenue et la 29e Avenue.

La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, a annoncé le lunid 29 avril 2019 que certains citoyens évacusé en raison des évactuations pourront réintégrer leur maison dès mardi.
Photo TVA Nouvelles
La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, a annoncé le lunid 29 avril 2019 que certains citoyens évacusé en raison des évactuations pourront réintégrer leur maison dès mardi.

L’ordre d’évacuation est donc maintenu pour ce secteur au sud de la rue Louise.

À l’extérieur de ce périmètre, 32 pompes ont été installées pour faire baisser le niveau d’eau. La plupart des sinistrés hors de la zone sacrifiée pourront réintégrer leur résidence à partir de 16 mardi.

– Avec l’Agence QMI

« Il doit y avoir un autre moyen »

Marc-André Dewar et sa conjointe, Karolane De Gagné, sont des sacrifiés de la 24e avenue.
Photo Hugo Duchaine
Marc-André Dewar et sa conjointe, Karolane De Gagné, sont des sacrifiés de la 24e avenue.

« Quand j’ai su [pour la zone sacrifiée], je me suis dit : ‘‘Voyons donc, il doit y avoir un autre moyen’’ », déplore Marc-André Dewar, un autre « sacrifié » de la 24e Avenue. Son sous-sol était presque complètement rempli d’eau, à seulement un pied du plafond. Il s’attend à perdre des dizaines de milliers de dollars en outils et équipements qui s’y trouvaient. Sa conjointe Karolane De Gagné et lui n’étaient même pas à la maison lorsque l’évacuation a été ordonnée, puisqu’ils soupaient avec des amis. Il a finalement pu se rendre chez lui, lundi après-midi, avec trois petites embarcations gonflables pour sauver le plus de biens possible, étant donné qu’il ignore quand il pourra regagner son domicile.

« Ce n’est pas une inondation, c’est un bris »

« Ce n’est pas une inondation, c’est un bris [de digue] », rage Maurice Labelle, âgé de 73 ans. Le résident de la 24e Avenue soutient qu’il a acheté sa maison un peu après les inondations de 1976 et qu’il a pu obtenir son financement de la banque justement parce que des fonctionnaires avaient pu certifier que ce n’était plus une zone inondable à cause de la digue bâtie à l’époque. Il déplore être incapable d’avoir l’heure juste de la municipalité. « On n’a pas d’informations, je suis obligé d’arrêter les camionneurs dans la rue », dénonce-t-il sur la façon dont il a appris la création des digues parallèles, laissant sa maison dans un bassin d’eau.

« Ils nous sacrifient »

« Ils nous sacrifient, ils ne feront rien », rage Jonathan Pitre, qui habite sur la 24e Avenue dont la maison a été inondée par la crue des eaux. Le père de famille de 43 ans se demande maintenant s’il doit se trouver un logement temporaire pour une semaine ou deux mois, puisque personne ne sait quand la crue printanière sera enfin terminée. Sa famille et lui ont fui en cinq minutes samedi soir, voyant l’eau rapidement atteindre leur demeure. Lundi, il espérait faire remorquer son camion d’entreprise, le nez dans l’eau au milieu de sa rue, mais la police bloquait l’accès à l’avenue.

« Notre maison sera dans un lac »

« Notre maison sera dans un lac », souffle Ginette Hétu, une sinistrée de la 28e Avenue. Elle a appris à contrecœur que sa maison se trouve entre les digues parallèles. « Donc l’eau ne pourra pas s’écouler parce qu’on est entre les digues [...]. Il va falloir attendre la décrue des eaux », se désole-t-elle. « On dirait que la digue s’est brisée dans mon corps ce matin », a-t-elle illustré lundi. La sinistrée vit maintenant dans l’attente, avec un fort sentiment d’impuissance, ne sachant pas encore où les autorités orienteront sa famille, présentement hébergée chez des amis.

« Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? »

« Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? » demande impuissant Yannick Bouchard, dont la demeure inondée est située sur la 29e Avenue, tout juste à l’intérieur du périmètre où les autorités pompent l’eau des rues avoisinantes. « Je comprends qu’ils ont besoin de place pour travailler. C’est le fun pour ceux dont les terrains vont être pompés », concède-t-il.

 

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