/entertainment/stage
Navigation

Foreman: histoires de gars au Périscope

Foreman
Photo David Mendoza Hélaine Charles Fournier, qui personnifie « Carlos », plonge, avec Foreman, dans les clichés associés à la masculinité. La pièce est vivante et très divertissante.

Coup d'oeil sur cet article

Des gars, ça parle fort, ça se colletaille, ça rigole et ça s’aime, souvent, d’une bien drôle de façon. Foreman est une incursion divertissante au cœur des étranges codes de la masculinité.

Présenté jusqu’au 4 mai, à guichet fermé, dans le studio Marc-Doré du Théâtre Périscope, Foreman raconte le parcours, en parallèle, de cinq amis. Cinq gars.

D’un côté, Étienne «Carlos» Bouchard, interprété par Charles Fournier, lance le tout en force. Il interagit avec le public. Il raconte son enfance et comment il est devenu un «homme». Une entrée très divertissante et réussie. On entre tout de suite dans la proposition.

On retrouve ensuite ses quatre amis, qui lui préparent quelque chose pour l’aider à passer à travers un épisode de deuil.

Il y a Frank (Vincent Roy), le mâle alpha, Poitras (Pierre-Luc Désilets), qui vient de se faire larguer par sa blonde, Jo (Steven Lee Potvin) et le souffre-douleur Arnaud (Miguel Fontaine). Les quatre gars forment un clan tissé très serré.

Ils se niaisent et se «picossent». On rigole de Poitras, qui est contrôlé par sa blonde, et d’Arnaud, qui n’attire pas les filles. C’est brut, c’est mâle et c’est direct.

Du jeu réaliste

Foreman est un tableau de jeunes hommes qui ont de la difficulté à s’exprimer sur les sentiments qui les habitent et des clichés qui leur collent à la peau. Un gars, c’est fait pour être «tough». On préfère tourner ça en dérision afin de conserver une masculinité qu’ils ont apprise et qui est inscrite en eux.

La pièce est un très bon divertissement. Le jeu des comédiens est réaliste. On les sent amis pour vrai. Les dialogues sont vifs, très crus et dans la face. La mise en scène d’Olivier Arteau et de Marie-Hélène Gendreau est hyper dynamique. Ça bouge, c’est inventif, c’est très vivant et on a droit à quelques chorégraphies totalement déjantées et à un combat totalement fou à la Game of Thrones.

Charles Fournier signe, avec Foreman, une belle réussite. Cette prise de parole masculine, ironique et divertissante est un autre beau moment qui s’ajoute à cette fin de saison théâtrale tout à fait consistante.