/news/green
Navigation

L’incertitude s’installe chez les sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Ceux qui ont dû abandonner leur résidence sont désespérés par les questions qui restent sans réponse

FD-INONDATION-SAINTE-MARTHE
Photo Agence QMI, Maxime Deland

Coup d'oeil sur cet article

Après la panique d’avoir eu à évacuer leur résidence en quelques minutes pour fuir la montée des eaux, le désespoir s’installe chez des sinistrés, qui ignorent toujours l’ampleur des dégâts et le moment où ils pourront rentrer à la maison.  

«En ce moment, je suis dans l’incertitude totale. J’ignore où je dormirai dans les prochains jours et si j’aurai encore une maison habitable lorsque je pourrai y retourner», se désole Manon Martel, en pleurs. 

Manon Martel.
Sinistrée
Photo Valérie Gonthier
Manon Martel. Sinistrée

La femme de 53 ans a été prise de panique lorsqu’on a cogné à grands coups à sa porte samedi pour lui demander d’évacuer les lieux au plus vite. Elle s’est emparée de quelques effets, a attrapé son chien-saucisse Jack et a couru à l’extérieur. Dans l’urgence, elle n’a pas pensé à prendre ses médicaments pour le diabète et pour ses problèmes pulmonaires. 

Et depuis samedi soir, elle doit dormir à l’aréna Olympia à Deux-Montagnes, aux côtés d’autres sinistrés sans ressource.  

«Je n’ai pas d’autre place où aller, j’ai trois enfants, mais ils sont également sinistrés», explique Mme Martel.  

Impuissants  

Plusieurs sinistrés rencontrés par Le Journal se sont dits impuissants devant la situation, ignorant toujours l’ampleur des dégâts. 

«C’est vraiment décourageant. On ne sait pas quand on va pouvoir aller chercher nos effets. Et surtout, on ne sait pas dans quel état on va les récupérer», déplore Ginette Hétu.  

La femme a pu s’aventurer en canot ­­lundi dans sa maison située sur la 28e Avenue, en plein cœur des inondations, et elle a déjà pu constater les dégâts.  

«On a déjà l’impression qu’on a tout perdu. Il faisait froid, on sentait l’humidité, il y avait de l’eau partout dans le sous-sol», expose-t-elle, émotive. 

Jenny Murphy.
Sinistrée
Photo Valérie Gonthier
Jenny Murphy. Sinistrée

Jenny Murphy, qui a dû quitter sa résidence alors qu’elle allaitait son bébé de 7 mois, s’inquiète aussi pour les jours à venir, mais pense aussi au plus long terme, qui est toujours incertain.  

Plus de maison  

«Tout ce que je sais, c’est qu’on n’a plus de maison. On va habiter où pendant un an? Je ne le sais même pas», dit celle qui a dû dormir dans sa voiture la première nuit avec son conjoint, leur bébé et leurs deux chiens.  

Marc-André Dewar, qui réside sur la 24e Avenue, dit pour sa part grandement souffrir du manque de sommeil.  

«Je me lève tôt, je me couche tard, et quand je ferme les yeux pour dormir, je ne fais que revoir les images de ma maison inondée», dit celui dont le sous-sol est rempli d’eau. 

 – Avec la collaboration de Hugo Duchaine