/finance/pme
Navigation

Les chandails de la LNH fabriqués ici

L’entreprise québécoise Vêtements SP se prépare à la montée de la robotisation

Steve Bérard et Manon Bourget
Photo PIerre-Paul Poulin

Coup d'oeil sur cet article

Même si Adidas en est le fournisseur officiel, tous les chandails et uniformes des 31 équipes de la LNH sont fabriqués en sous-traitance à Granby et à Saint-Hyacinthe par Vêtements SP.   

L’entreprise québécoise, qui célèbre son 20e anniversaire, se prépare à la montée de la robotisation de l’industrie du textile.    

« À l’époque, les grands joueurs de l’industrie ont tablé sur des économies allant jusqu’à 30 % en déplaçant leur fabrication en Asie, indique Steve Bérard, copropriétaire et chef de la direction de Vêtements SP. Toutefois, leur réputation en a souffert, car les produits étaient de moindre qualité. »   

Les grandes marques de vêtements de sport tendent à revenir vers des sous-traitants nord-américains pour leur production.    

Un tel mouvement est inverse à celui d’il y a une vingtaine d’années, quand les partenaires chinois avaient la cote dans l’industrie du textile.   

Si bien que tout un programme attend Vêtements SP en 2019 : augmentation de la production, investissement dans l’équipement de fabrication, embauche massive et possible acquisition aux États-Unis.   

Afin de répondre à cette augmentation de la production, la direction de l’entreprise investira 500 000 $ cette année, et autant en 2020 pour se doter de nouvelles machines.    

Elle pourra ainsi accroître sa production actuelle de 400 000 chandails par an, notamment pour sa propre marque, qui représente 25 % de son chiffre d’affaires.   

Automatisation  

L’initiative vise aussi à se préparer à une montée de la robotisation dans l’industrie du textile.    

« Le tissu se travaille encore mal sur un appareil, explique Steve Bérard. Toutefois, des progrès observés nous laissent croire que bientôt une part du travail manuel pourra être automatisée. »   

Cela n’empêche pas Vêtements SP de recruter pour ajouter 50 personnes (surtout des journaliers et des couturières) à son effectif de 250 employés, lesquels sont répartis entre son usine de Granby et celle de Saint-Hyacinthe, qui fonctionne sous le nom de 3B Hockey.    

Outre son entente avec Adidas et la LNH, on compte parmi ses clients la Ligue américaine de hockey, la Ligue de hockey de la Côte Est, la Ligue midget AAA et la Ligue canadienne de hockey (qui régit les trois circuits de niveau junior majeur au pays). Sans oublier CCM, Nike et les universités américaines de Miami, de Boston et de Michigan State.   

« De tels noms confirment la qualité de nos produits », juge Steve Bérard, qui attribue cette caractéristique à Manon Bourget, copropriétaire et vice-présidente des opérations.    

« Avec nous depuis deux décennies, c’est notre cerveau pour tout ce qui touche les produits et leur fabrication. »   

À la conquête des É.-U.  

Enfin, un autre élément du plan d’affaires à court terme consiste en l’acquisition d’un concurrent aux États-Unis.    

Cela ouvrirait la porte à des créneaux différents de celui du hockey, lequel représente 85 % des activités de Vêtements SP.    

« Aux yeux de nos marchés étrangers, nos racines nous procurent un avantage en matière d’expertise pour les chandails de hockey, dit Steve Bérard. En revanche, les Américains hésitent à confier à des Canadiens la production d’uniformes de baseball. Une présence aux États-Unis éliminerait cet irritant. »   

De plus, un accroissement des activités dans des sports estivaux permettrait de maximiser la production sur toute l’année.    

« Notre période de pointe s’étend d’avril à la fin août, soit entre les saisons de hockey. À l’opposé, le baseball nous tiendrait pleinement occupés l’automne et l’hiver. »