/entertainment/stage
Navigation

Je me soulève: poésie visuelle

Je me soulève donne le goût de vivre mieux et autrement

Les moments de poésie visuelle sont nombreux avec plusieurs belles images, dont celle où Olivier Arteau, les comédiens et des enfants font voler des oiseaux de papier durant le poème La main tendue de Sébastien B. Gagnon.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Les moments de poésie visuelle sont nombreux avec plusieurs belles images, dont celle où Olivier Arteau, les comédiens et des enfants font voler des oiseaux de papier durant le poème La main tendue de Sébastien B. Gagnon.

Coup d'oeil sur cet article

La poésie se retrouve souvent à l’écart des différentes manifestations artistiques. Les sœurs Gabrielle et Véronique Côté ont décidé de la mettre en valeur et de la projeter aux avant-plans avec Je me soulève.

À l’affiche jusqu’au 18 mai au Trident, cette création met en vedette les mots et la poésie de 35 auteurs contemporains d’ici.

Des textes de Marie-Hélène Voyer, Richard Desjardins, Steve Gagnon, Marie-Andrée Gill, Elkahna Talbi, Véronique Côté, Dany Boudreault et autres. Une distribution de 18 comédiens donne vie à cette poésie sur les planches.

Je me soulève fait suite au spectacle Attentat qui avait été présenté au Carrefour international de théâtre en 2015 et au Périscope en 2017.

Les textes sélectionnés par Gabrielle et Véronique Côté abordent l’importance et la nécessité de léguer un monde meilleur aux générations qui vont suivre. Les questions d’identité et d’écologie sont au cœur de cette proposition artistique.

Je me soulève est présenté sous forme de tableaux. Avant le début du spectacle, un sac de papier virevolte au centre d’un cercle constitué de 12 ventilateurs. Une projection dévoile la poésie d’Hugo Latulippe.

« Un bon matin, je me lèverai comme si j’étais un ouragan qui couve depuis un quart de siècle et j’écrirai une lettre d’amour au monde », peut-on lire sur une projection. Le ton est donné.

Installés sur une passerelle supérieure, Mykalle Bielinski et Josué Beaucage tissent une superbe toile sonore musicale et atmosphérique.

Poésie visuelle

Chaque lecture et chaque tableau sont appuyés par une mise en scène. Un couple qui s’embrasse en plein milieu d’un tourbillon de sacs. Une conférence de presse lors d’une catastrophe naturelle. Des enfants qui marchent et qui font voler des oiseaux de papier.

Des éléments de mise en scène dynamisent la proposition, même si, à certains moments, ils deviennent des éléments de distraction. Rien de majeur.

La poésie n’est pas que dans les mots. Les belles images sont nombreuses. C’est beau, sensible, confrontant et parfois touchant.

Les textes de Véronique Côté, qui rêve d’un monde où les saisons existeront encore, et celui de Dany Boudreault, où un père souhaite léguer sa curiosité à son enfant, récité par Maxime Beauregard-Martin, sont d’une grande beauté. La brigade, de Marjolaine Beauchamp, jumelé à Killing in the Name de Rage Against the Machine, offre un beau moment d’incandescence.

Olivier Normand amène, à mi-parcours, un hilarant moment d’humour, avec le texte Liberté, où il essaie de déjeuner avec un protège-dents et des gants de boxe.

Et on quitte la salle avec une envie de faire les bonnes choses et de vivre mieux.