/misc
Navigation

Valérie Plante a du pain sur la planche

Coup d'oeil sur cet article

Je ne sais trop si la mairesse de Montréal en est consciente, mais les villes de Vancouver et de Toronto prennent en production audiovisuelle une avance qu’on aura du mal à rattraper.

À Toronto, par exemple, le maire John Tory fait des pèlerinages réguliers en Californie, frappant à la porte des grands studios pour leur annoncer la bonne nouvelle que sa ville est devenue une authentique terre promise pour le cinéma et la télévision.

Les chiffres lui donnent raison. L’an dernier, la production audiovisuelle a atteint 1,96 milliards $ dans la capitale ontarienne et elle devrait largement dépasser les deux milliards, cette année. Près des deux tiers de cette production viennent de l’extérieur du pays, principalement des États-Unis.

Le maire Tory ne frappe pas seulement à la porte des studios. Le mois dernier, comme Mélanie Joly au début de son mandat, il est allé s’asseoir avec la direction de Netflix. Lui n’a pas discuté d’exemption de taxes, mais du projet de faire de sa ville un centre de production pour Netflix.

TORONTO VA TOUT RAFLER

Netflix possède déjà un centre de production à Los Gatos, en Californie, mais Reed Hastings a annoncé qu’il en créera un à Albuquerque, dans l’État du Nouveau-Mexique, et un autre à Madrid, en Espagne. Netflix, qui ne paie toujours pas de TPS au Canada, dépensera sûrement plus que les 500 millions $ US sur cinq ans promis à Mélanie Joly.

Un centre de production à Toronto signifierait que la Ville Reine accaparerait la plus grande partie de la somme déjà promise par Netflix, en plus de centaines de millions à venir. Le maire Tory a compris l’importance de ces sommes pour sa ville. C’est de l’argent frais, du travail pour les studios et des emplois pour les équipes techniques.

NOTRE PRODUCTION DIMINUE

L’an dernier, selon les chiffres de l’Association des producteurs de langue anglaise, la production venant de l’extérieur a augmenté de 19 % pour atteindre 5,62 G$.

Pendant ce temps, en partie à cause de la concurrence de Netflix, la production originale canadienne a diminué de 8,8 % pour tomber à un peu plus de 3 G$. Quant à la production française, elle a diminué aussi n’atteignant que 780 M$. Une baisse de 6,8 %.

Si la tendance s’accentue, nous deviendrons de plus en plus des fournisseurs de services. Des porteurs d’eau ! Nos créateurs et nos équipes techniques seront entièrement dépendants des productions étrangères. Leur expertise continuera de croître, mais elle ne sera plus au service de nos films et de nos séries de télévision.

Vancouver, Toronto et Montréal sont nos trois centres névralgiques de production audiovisuelle. À cause de sa proximité avec la Californie, Vancouver prend la part du lion pour la fourniture de services techniques.

L’audiovisuel étant hautement créateur d’emplois de qualité, les autorités municipales de Vancouver et de Toronto ne ménagent aucun effort pour attirer les tournages américains.

Madame Valérie Plante, qui parle si bien l’anglais qu’elle en oublie parfois de parler français, aurait grand intérêt, elle aussi, à entreprendre des pèlerinages réguliers en Californie. Qu’attend-elle ?

UNE QUINZAINE DE REPOS

Après deux ans de chroniques sans interruption, je prends deux semaines de congé pour m’aérer l’esprit. Je devrais vous revenir frais et dispos le 14 mai prochain. J’espère que vous me reviendrez aussi !