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Fin de la tutelle des médecins: les super infirmières obtiennent leur autonomie

Fin de la tutelle des médecins: les super infirmières obtiennent leur autonomie
Photo d’archives

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Les super infirmières pourront bientôt poser une grande panoplie de diagnostics et débuter un plan de traitement sans l’approbation ou la supervision d’un médecin.

Réticent jusqu’ici, le Collège des médecins a accepté que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) fonctionnent à l’extérieur de la Loi médicale. L’annonce a été faite à l’Assemblée nationale, en compagnie de la ministre de la Santé, Danielle McCann, aux côtés du président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

«Les IPS vont pouvoir diagnostiquer les problèmes de santé courants, des maladies chroniques également», a résumé la ministre McCann au cours d’un point de presse.

Ces «super infirmières» étaient jusqu’ici limitées à six maladies chroniques. «On élargit complètement le champ de pratique en lien avec la formation, évidemment, qu'elles ont, première ligne, et même au niveau des services spécialisés», ajoute Mme McCann.

Concrètement, les IPS pourront, par exemple, diagnostiquer et de proposer un traitement pour des otites ou des infections. La présidente des infirmières spécialisées du Québec, Christine Laliberté, souligne que les super infirmières posaient déjà de tels gestes dans la pratique, de façon officieuse. «On parlait d’hypothèse», plutôt que de diagnostic, souligne-t-elle.

Fin de la tutelle des médecins: les super infirmières obtiennent leur autonomie
Photo Simon Clark

La possibilité de diagnostiquer un plus grand nombre de problèmes de santé chronique (comme l’ostéoporose, l’arthrite et l’arthrose), constitue la grande nouveauté sur le terrain, selon elle. Jusqu’ici, les super infirmières pouvaient diagnostiquer six maladies chroniques – diabète, hypertension, asthme, hypercholestérolémie, hypothyroïdie et maladie pulmonaire obstructive – sous la supervision d’un médecin.   

Loi à venir

Pour arriver à ce changement, l’OIIQ devra revoir les conditions d’exercices avec l’Office des professions, tandis que le gouvernement Legault devra déposer un projet de loi, prévu l’automne prochain. D’ici là, la situation demeure inchangée, a rappelé la ministre.

La ministre McCann estime que ce changement aura «un impact important» sur l’accès à la première ligne. Les infirmières praticiennes spécialisées «n'auront pas à se référer systématiquement au médecin de famille», souligne-t-elle, libérant ainsi du temps tant pour les IPS que pour les omnpraticiens.

Quant à eux, les médecins de famille conserveront une chasse gardée pour les multipathologies, et les problèmes de santé importants, comme le cancer.

Pas comme en Ontario

Toutefois, pas question de créer des cliniques autonomes d’IPS, comme c’est le cas en Ontario. «Non, on ne se dirige pas vers des cliniques solos d'infirmières praticiennes spécialisées, a commenté la ministre McCann en point de presse. Pour nous, le modèle québécois, c'est un modèle de pratique multidisciplinaire, collaboration interprofessionnelle, et ce modèle-là va se poursuivre.»

«On a eu le modèle des médecins solos, et on veut vraiment s'éloigner de ça. Donc, on ne va pas recréer un modèle solo pour les IPS», ajoute-t-elle.

Un flou subsiste aussi sur la prime accordée aux médecins pour superviser les IPS. En cabinet privé, les toubibs touchent plus de 62 000 $ annuellement pour surveiller le travail de leurs collègues. «Je ne peux pas vous donner de spécifiques là-dessus, je pense qu'il y a des discussions à avoir», a déclaré la ministre McCann.

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