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PDG du Salon du livre suspendu: 82 000$ de prime de départ pour une employée

Le président du SILQ a aussi défendu sa gestion, hier

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Alors que le PDG suspendu du Salon international du livre de Québec (SILQ), Philippe Sauvageau, contre-attaquait mercredi, notre Bureau d’enquête a découvert que son administration a versé une indemnité de départ de 82 210 $ à une employée l’an dernier.

Lors d’un point de presse chaotique, mercredi, Philippe Sauvageau n’a répondu qu’à quelques questions des journalistes. Il était entouré de son avocate, de deux amis, de sa femme en larmes (absents de la photo) et de gants de boxe pour illustrer son combat.
Photo Jean-François Desgagnés
Lors d’un point de presse chaotique, mercredi, Philippe Sauvageau n’a répondu qu’à quelques questions des journalistes. Il était entouré de son avocate, de deux amis, de sa femme en larmes (absents de la photo) et de gants de boxe pour illustrer son combat.

À la suite de son départ, cette employée a été réembauchée à forfait par le PDG Philippe Sauvageau.

Pourtant, une nouvelle personne était déjà en place pour pourvoir le poste. Selon nos informations et des documents officiels obtenus par notre Bureau d’enquête, l’argent de la prime a été pigé dans un «fonds de sécurité» créé par le conseil d’administration à une tout autre fin: permettre à la société de maintenir ses activités «advenant une baisse de ses produits».

«C’était dans son contrat», a affirmé il y a quelques semaines le président du CA, John Keyes, afin de justifier cette indemnité de départ. Chaque année, le SILQ reçoit près de 290 000 $ en subventions.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Il se défend

Suspendu à la suite des révélations de notre Bureau d’enquête sur ses nébuleux et coûteux voyages au Bénin, le PDG du Salon international du livre de Québec (SILQ) s’est défendu hier et a mis en demeure le comité exécutif de l’organisation.

Le SILQ a interdit à Philippe Sauvageau de se rendre à son bureau pour récupérer ses effets personnels.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

«J’ai été profondément choqué par les mesures disciplinaires prises à mon encontre par le comité exécutif du SILQ», a-t-il affirmé. Ainsi, il a décidé de mettre en demeure le comité exécutif du SILQ. Selon le document, le temps qui s’est écoulé sans qu’il puisse donner sa version des faits «est déraisonnable».

Selon nos informations, il a visité le Bénin neuf fois dans les douze dernières années aux frais du SILQ. Il a également admis qu’il payait la traite à ses invités là-bas, citant en exemple les pratiques de SNC-Lavalin­­­ en Libye.

Philippe Sauvageau a soutenu qu’il n’a jamais tiré personnellement profit des opérations internationales.

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

Documents

Il assure qu’il peut justifier la totalité de ses voyages au Bénin. Toutefois, il dit être incapable de les expliquer aux médias sans avoir en sa possession des documents qui se trouvent dans les bureaux du SILQ. «À ce moment-là, ça serait beaucoup plus facile de répondre à vos questions», a-t-il mentionné.

Daniel Gélinas assure présentement la direction générale par intérim du SILQ.